
C'est à l'occasion du changement de mode de renouvellement, en novembre 2007 à la station de Guernévez, qu'a été démarrée la comparaison entre les performances de cochettes "assainies" (livrées à 5 jours d'âge et élevées sous air filtré jusqu'à 110 kg, intégrant l'élevage après 8 semaines de quarantaine) et de cochettes "classiques" (cochettes issues du même élevage multiplicateur, livrées à 95 kg et passant 11 semaines en quarantaine avant de rejoindre les truies du troupeau). Un changement occasionné par des difficultés en cochettes (manque d'appétit, faibles croissances en quarantaine, taux de fécondation en 1ère IA insuffisant et taux de réforme important) et sur l'ensemble du troupeau (performances de reproduction faibles). En a donc suivi la comparaison de 75 cochettes "assainies" avec 78 cochettes "classiques".
Croissances significativement différentes
Environ une année a séparé les deux groupes. En quarantaine, les cochettes assainies ont eu de plus grandes difficultés à consommer leur ration journalière durant la période d'observation. Sur l'ensemble de la période de quarantaine, la croissance des cochettes classiques a été significativement supérieure à celle des cochettes assainies : 576 g/j, contre 418 g/j. Les performances de reproduction n'ont pas été strictement comparables du fait de conditions de logement modifiées. Le taux de fécondation en première saillie des cochettes classiques a été supérieur : 87 % contre 67 %. L'évolution a été progressive. De bonnes performances ont été constatées 6 mois après l'insémination des premières cochettes classiques. En moyenne, 94 % des cochettes classiques entrées en verraterie ont mis bas, contre 85 % des cochettes assainies. Le taux de cochettes réformées est passé de 15 à 6 %. La prolificité moyenne des cochettes classiques a été supérieure de 0,7 nés totaux par rapport à celles des cochettes assainies (voir graphe).
Poids supérieurs à la naissance
Dans le même temps, les pesées réalisées ont indiqué une augmentation moyenne de 77 g du poids des porcelets à la naissance. En revanche, la variabilité de ces deux critères a été augmentée. Enfin, les performances de l'ensemble du troupeau ont été améliorées. Le taux de fécondation en première saillie a progressé de 10 points et le nombre de porcelets produits par truie présente de plus de 4 points entre 2007 et 2008.
"L'ancien mode de renouvellement, mis en place pour des raisons expérimentales, était inadapté à la situation sanitaire de l'élevage de Guernevez", expliquent les auteurs de l'étude. "Des solutions plus progressives devront être préférées afin de faire évoluer le statut sanitaire d'un élevage. Le différentiel sanitaire entre les reproducteurs livrés et l'élevage qui les reçoit doit être plus faible. La conduite d'élevage n'est pas à négliger. Les pratiques d'hygiène, le respect de la conduite en bandes, les conditions d'accueil des animaux sont autant de leviers pour faire progresser son élevage. Des procédures d'éradication de pathogènes pourront également être entreprises."
A. –L. L.
Source : Chambre d'agriculture de Bretagne, Gwenaëlle Larour, Brigitte Landrain.
Légende : 75 cochettes "assainies" ont été comparées à 78 cochettes "classiques".