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Apiculture / Fécondation dirigée ou artificielle - La sélection concerne aussi les abeilles
 

Une reine se fait féconder en plein vol par 17 à 25 mâles. Difficile dans ces conditions de contrôler les performances des mâles, disséminés dans la nature", souligne Bernard Sauvager, apiculteur en Ille-et-Vilaine et passionné de sélection. Et pourtant la sélection, c'est aussi important dans le royaume des abeilles que pour nos classiques productions animales. En effet, une reine n'est fécondée qu'une fois dans sa vie (12 millions de spermatozoïdes). Elle pondra ensuite, tous les jours, son propre poids en œufs pour alimenter la ruche en ouvrières.


Hygiène, douceur et productivité


Quels sont les critères recherchés chez les abeilles ? "D'abord l'hygiène", répond Bernard Sauvager. "Elles doivent être capables  de nettoyer la ruche, afin que celle-ci s'autogère au niveau des maladies". Le non-essaimage est également un critère important. C'est la faculté à rester dans le périmètre de l'essaim, à ne pas aller créer une autre ruche plus loin, par instinct de procréation. D'autres critères sont également retenus comme l'aptitude à produire du miel, la douceur, la vitalité.    
"Un groupe d'une vingtaine d'apiculteurs ont sélectionné des mâles sur ces critères, en retenant deux souches, l'une issue des abeilles noires d'Ouessant ( site protégé vis-à-vis des maladies) et l'autre issue des Côtes d'Armor", explique Raymond Emeillat, conseiller apicole au GIE Lait-Viande de Bretagne. L'objectif est de pouvoir ensuite féconder des reines, par fécondation dirigée ou fécondation artificielle.


Fécondation dirigée à Houat


La fécondation dirigée a consisté à transporter des reines vierges ainsi que des mâles avec des paquets d'abeilles sur l'Ile de Houat (Morbihan). Les reines ont été sélectionnées par des apiculteurs volontaires et les mâles sont issus de reines sélectionnées en 2008 sur des critères de douceur, de propreté et de production de miel. "Cette méthode permet de maîtriser la lignée d'abeilles sélectionnées", poursuit B Sauvager. Une petite centaine de reines vierges a été amenée sur l'île avec les mâles nécessaires pour réaliser les fécondations naturelles. 65 % d'entre elles ont été fécondées. 
L'insémination artificielle a été programmée à Chantepie, du 18 au 21 juillet, chez Bernard Sauvager. La méthode consiste à prélever le sperme des mâles un par un (environ 1 à 1,5 millième de millilitre) pour inséminer la reine. Il faut en moyenne 8 millièmes de millilitre de sperme pour une insémination.


Une précision de spécialiste


Bernard Sauvager a un mini-laboratoire dans son sous-sol. Il réalise l'insémination des reines endormies, à l'aide d'outils adaptés, sous lampe binoculaire et avec une précision quasi-chirurgicale. Cette pratique permet une maîtrise complète de la génétique : les reines et les mâles sont bien identifiés et on peut suivre la généalogie des abeilles issues des inséminations.
"C'est la première fois que ce type d'insémination se pratique en Bretagne, grâce à la compétence de Bernard Sauvager, qui le fait à titre personnel depuis 15 à 20 ans", souligne Raymond Emeillat. Les apiculteurs sont repartis avec leurs reines fécondées. "Pour que la sélection soit efficace, il faut ensuite suivre les colonies et enregistrer les données. Il faut passer un peu de temps et être patient car il faut attendre une saison complète pour avoir les résultats".


Patrick Bégos


Photo :Le sperme sera ensuite introduit dans la cavité vaginale de la reine, à l'aide d'instruments adaptés et sous lampe binoculaire. 




Des formations adaptées

La commission apiculture du Gie Lait viande de Bretagne réalise des actions d'accompagnement en formant les apiculteurs à cette technique et en mettant en place un forum de discussion sur les pratiques d'élevage. Le Gie conduit également un programme d'actions sanitaires en lien avec les DDSV. Pour accompagner cette action, une formation régionale aura lieu à Mur-de-Bretagne, mi-octobre 2009, sur 5 jours. Elle permettra de former des agents sanitaires dont la tâche sera ensuite de visiter les ruches, pour apprécier leur état sanitaire.



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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Juillet 2009
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