
La teneur en nitrates a enregistré une diminution de 1 mg/l dans les eaux superficielles destinées au réseau d’eau potable. C’est ce que l’on peut lire dans le 11e cahier de la Mise, mission interservices de l’eau. Un cahier, présenté le 9 juillet et qui dresse le bilan de la qualité des eaux douces et littorales dans le Finistère en 2008.
Pour le préfet, Pascal Mailhos, qui salue le travail accompli par les différents acteurs du département, « il convient de maintenir les efforts pour s’assurer de l’amélioration des résultats dans le temps ». Autrement dit, en cette période de remises de diplômes, le travail entrepris ces dernières années par les Finistériens mérite la mention assez bien, avec le commentaire : peut mieux faire.
Plus difficile de gagner des points
L’observation plus fine des indicateurs de la qualité de l’eau montre un certain effet de palier qui se traduit par un ralentissement de la progression des résultats. Ce tassement n’occultant pas tout le chemin parcouru ces 10 dernières années. Faut-il rappeler que la concentration en nitrates des eaux brutes a diminué de 10 mg en 8 ans dans la zone de polyculture-élevage développée du Finistère.
Pour autant tout n’est pas gagné, comme l’explique Stéphan Garot, chef de la Mise. Il souligne « des dépassements de la concentration maximale admissible de 50 mg/l sur l’Horn, l’Aber-Wrac’h et le Kermorvan. Les moyennes en ces deux premiers points sont toutefois inférieures à 50 mg/l pour le premier et 40 mg/l pour le dernier ».
Au niveau des pesticides, des concentrations supérieures à 0,1μg/l ont été mesurées, pour au moins une molécule, dans 18 prises d’eau brute (21 en 2007 et 20 en 2006). Les concentrations dans les eaux traitées sont beaucoup plus faibles grâce aux traitements (charbon actif).
La molécule la plus rencontrée dans les eaux brutes est le glyphosate (ou son métabolite MPA). Dans les captages d’eau souterraine, la molécule la plus fréquemment rencontrée reste le déséthyl-atrazine, alors que l’atrazine est interdite depuis le 30 septembre 2003. En 2008, on n’a pas trouvé de trace de Diuron (herbicide).
Objectif : Bon état en 2015
Reste que, d’un point de vue général, les résultats enregistrés en 2008 sur le département ont permis d’accroître de 74 % à 82 % le nombre de masses d’eau superficielles dont l’objectif de « bon état » pourra être atteint en 2015, date butoir fixée par l’Union européenne aux états membres pour parvenir à un bon état écologique et chimique de l’eau. Sachant que derrière se dresse la menace de lourdes sanctions financières. D’où la demande de report de délai jusqu’en 2027 pour la nappe d’eau du Nord-Finistère qui ne parviendrait pas à atteindre un « bon état » de l’eau avant cette date.
Didier Le Du
Photo : La teneur en nitrates a enregistré une diminution de 1 mg/l dans les eaux superficielles finistériennes.
Le Sdage
Le Sdage – Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux du bassin Loire-Bretagne – décrit, pour la période 2010-2015, les dispositions à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs environnementaux fixés pour chaque masse d’eau (cours d’eau, plans d’eau, nappes, etc.). Il doit être adopté définitivement en octobre 2009.
Son application se traduira par un programme de mesures. Pour l’agriculture, ce programme prévoit :
•D’améliorer l’animation et la coordination à une échelle de bassin versant.
•Équiper les exploitations pour maîtriser les pollutions ponctuelles par les pesticides.
•Réduire la pression organique azotée et phosphorée sur certains bassins versants (traitement, transfert, réduction des effectifs).
•Améliorer les pratiques agricoles : implantation de cultures intermédiaires, limiter les transferts par des dispositifs tampons, améliorer les pratiques agricoles pesticides et/ou utiliser les techniques alternatives, améliorer les pratiques de fertilisation, faire évoluer les systèmes de production (agriculture biologique, systèmes fourragers économes en intrants…), réorganiser le parcellaire d’exploitation pour optimiser les pratiques.
•Mettre en œuvre les mesures relatives au contentieux eaux brutes sur les bassins versants concernés (Horn, Aber Wrac’h).
La gestion, l’entretien et la restauration des zones humides figurent également sur la liste des mesures annoncées.