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Légumes / Bretagne Biotechnologie Végétale - La création variétale, au cœur de l'artichaut breton
 


Avec les autres partenaires de la filière, BBV (Bretagne Biotechnologie Végétale), basé à Saint-Pol-de-Léon, participe à la compétitivité et au dynamisme de la culture d'artichaut nord bretonne. En lien avec BBV, l’OBS a débuté un programme de création variétale début 2005. "A court terme, nous travaillons sur les variétés "clones" en artichaut globuleux (type Camus ou Castel) et Petit Violet. A moyen terme, nous allons explorer l'approche "hybrides" avec des variétés de semis. Nous recherchons notamment une tolérance aux maladies, en particulier le mildiou", explique Serge Mabeau, directeur de BBV.


Premiers pas vers les semences hybrides


Le top serait une variété présentant la qualité de fraîcheur et de conservation du Castel, avec une bonne tolérance au mildiou. En Petit Violet, les recherches portent plutôt sur la stabilité de la couleur. A l'intérieur du programme de création variétale, le rôle de BBV se concentre sur l'évaluation de la tolérance au mildiou à l'échelle du laboratoire. Par ailleurs, la structure a débuté en 2007 un projet de recherche de marqueurs génétiquement liés à une stérilité mâle de l'artichaut. "Si nous souhaitons développer des semences hybrides F1, nous devons disposer de parents femelles "mâles-stériles", ceci permettant de réduire le taux d'inbreds (ndlr : défauts lié à l'autofécondation de la plante)", précise Serge Mabeau.  


Les chercheurs de BBV travaillent aussi sur la production d'haploïdes doublés : une technique qui permet d'accélérer l'obtention de lignées pures. "Dans le cas de l'artichaut, les deux années d'essais n'ont pas été concluantes. L'expérimentation est poursuivie sur 2009".


BBV participe par ailleurs au projet "Cynares" soutenu par la Commission européenne (2007 à 2011). Il concerne surtout dans un premier temps l'Italie, l'Espagne et la France, les trois gros producteurs européens. "Le but est de mettre en place un réseau et une méthodologie pour caractériser et gérer les ressources génétiques du genre Cynara, dont font partie l'artichaut et le cardon. Face à l'augmentation de la production d'artichaut en Amérique du Sud et en Chine, le risque d'érosion ou de dérive génétique devient plus important", explique Christophe Bazinet de BBV, chargé par le Geves du volet français de Cynares.


"En France, nous sommes en avance dans l'inventaire des ressources Cynara. Elles sont regroupées dans quatre sites : station Inra de Ploudaniel, Cavaillon, Torreilles et Corse". En Italie, il existe une grande diversité génétique, mais elle n'est pas beaucoup structurée. Les ressources génétiques sont déjà ou vont être conservées de trois manières : collections de plantes publiques ou privées, semences et ADN. "Nous devons nous mettre d'accord sur des descripteurs communs à utiliser. Une base de données située à Rome contiendra des informations morphologiques, agronomiques, biochimiques et moléculaires". BBV réalise notamment de la caractérisation moléculaire en testant une série de marqueurs génétiques. "550 ADN extraits de plantes sont en cours d'analyse. Cela permet de distinguer des groupes génétiques et d'éviter de conserver des doublons". Le programme de création variétale breton pourra bénéficier de ces résultats.


Evaluation du risque mildiou


BBV participe également à la mise au point d'un modèle d'évaluation du risque mildiou de l'artichaut, créé par la Chambre d'agriculture 29. "Nous déterminons en conditions contrôlées les seuils de déclenchement du mildiou : température et hygrométrie", précise Serge Mabeau. Une doctorante travaille par ailleurs sur l'identification des causes d'inconforts digestifs provoqués par l'artichaut chez certaines personnes. L'inuline, composé présent dans ce légume, a été mise en cause. Des solutions qui pourraient permettre de réduire sa teneur vont être testées en 2009, notamment l'ajout de citron dans l'eau de cuisson.


Agnès Cussonneau


Photo : Les différents types d'artichauts sont caractérisés par marquage moléculaire à l'OBS.





Régénération des plants d'artichauts



La culture d'artichauts par repiquage de drageons entraîne au fil du temps le développement d'infections virales, à l'origine de baisses de rendements. Pour régénérer les plants, l'OBS a développé la culture de méristèmes (tissu végétal qui correspond à une zone de division rapide des cellules, là où s'effectue la croissance). Cette technique permet d'obtenir en laboratoire des individus indemnes de contaminations virales. Suivent plusieurs cycles de multiplication, dans des conditions rigoureusement contrôlées, pour obtenir des plants commerciaux. 200 000 plants sont régénérés chaque année.



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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Juillet 2009
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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