Les trois organisations de production (Commission volailles d'Eolys, Groupement des éleveurs des Monts d'Arrée et Groupement des producteurs de poussins de chair) ont montré leur complémentarité en organisant une assemblée commune. Elles se retrouvent au sein d'Univol, deuxième opérateur breton de volailles de chair, organisé en filière avec des élevages de poulettes et de ponte, un couvoir et des élevages de poulets.
Souplesse de production
"Avec 200 éleveurs et 400 000 m2 de poulaillers, nous produisons 85 000 t de vif, soit 75 % des besoins des deux abattoirs clients : Tilly-Sabco à Guerlesquin et Terrena à Languidic", déclare Pascale Madec, directrice d'Univol. La volonté de se maintenir autour de 75-80 % de fourniture de ces deux clients donne de la souplesse pour adapter les volumes, notamment en temps de crise.
L'autre atout réside dans la complémentarité entre les deux types de production : le poulet frais à Languidic, pour les marchés français et européen et le poulet surgelé à Guerlesquin, destiné principalement à l'exportation vers les pays tiers. "Disposer d'un couvoir au sein de la filière est un autre avantage", ajoute Pascale Madec. "Celui de Cléden-Poher produit 1 million de poussins/semaine, soit 75 % des besoins du planning".
Contrat et coût de revient
Les objectifs de marge PA (poussin-aliment), compris entre 48 et 50 euros/m2/an, traduisent une amélioration de la rentabilité, depuis quelques années. Plusieurs témoignages d'éleveurs ont insisté sur la nécessité de revaloriser les contrats. Selon les données du CER, le revenu par UTH, en volailles de chair, est inférieur, sur 5 ans, à celui obtenu dans les autres productions, malgré une nette amélioration depuis 2 ans.
La revalorisation des contrats sera aussi une nécessité pour maintenir le parc. "Compte tenu de l'âge des producteurs, des difficultés à investir dans la rénovation et de l'incapacité à améliorer certains bâtiments, on manquera peut-être de surfaces, un jour", estime Jean-Pierre Garion, président du Groupement des éleveurs des Monts d'Arrée. À moyen terme, l'avenir de la filière passe par la construction de bâtiments neufs, à condition d'atteindre une marge PA d'au moins 55 euros/m2/an. Pour l'instant, la reprise d'ateliers existants constitue une voie intéressante, comme l'ont montré les témoignages de Jean-Paul Mazé de Brasparts et David Labbé de Plourivo.
Le Cravi Bretagne a engagé une démarche pour mieux connaître le coût de revient des volailles, en toute transparence. Dans ce projet, chaque organisation de production transmettrait à un cabinet spécialisé, en toute confidentialité, ses postes de coût : prix moyen du poussin, prix d'aliment, marge PA, frais de structure de l'organisation, prix de vente abattoir. Ce qui permettra de déterminer des moyennes afin que chacun puisse se comparer et améliorer ses propres critères.
80 % du parc en bon état
La rénovation constitue l'un des axes de travail du groupement. "Une enquête approfondie réalisée par les techniciens a permis de connaître l'état du parc de bâtiments", souligne Franck Hamard, responsable technique. "Globalement, 80 % du parc est récent ou en bon état. Les efforts porteront sur les 20 % restant". Installateurs et éleveurs ont apporté leur témoignage sur trois postes de rénovation : l'éclairage, l'isolation, le chauffage. L'installation de panneaux photovoltaïques sur les toitures de poulaillers est plutôt un investissement à long terme qui apporte une diversification et un complément de revenu.
Au-delà de l'aspect bâtiment, le travail au sein des Groupes de recherche et de progrès permet d'avancer dans l'amélioration de la conduite d'élevage. Plus de la moitié des éleveurs ont participé à ces groupes et abordé des thèmes comme l'autopsie, la coccidiose, le vide sanitaire, la désinfection, la gestion du démarrage, le chauffage, par des échanges, des visites de poulaillers. La ventilation et la régulation figurent au programme du second semestre.
Patrick Bégos
Partenariat coopératif
Devant les aviculteurs, Gilles Bars, président d'Unicopa, a expliqué l'accord entre son groupe et Coopagri Bretagne. Le rapprochement porte sur la nutrition animale avec une holding entre Eolys et Coopagri Bretagne qui devient majoritaire dans Nutréa. "Un grand pas a été fait, en dépassant les clivages", résume Gilles Bars. "Ce repositionnement doit être durable et nous permettre de maintenir le lien avec l'amont en apportant le meilleur service aux adhérents, en aliment du bétail. Il s'appuie sur la confiance entre partenaires coopératifs". Dès cette moisson, un accord avec Coopagri permettra d'optimiser la collecte de céréales, d'avoir une commercialisation commune et de sécuriser les paiements.