
En 2008, la production française d’œufs de consommation est restée quasiment stable par rapport à 2007. À un bon niveau durant le premier semestre, le cours de l’œuf a marqué un repli important en milieu d’année. À partir de septembre, il rebondit, poursuivant sa remontée au 1e semestre 2009 jusqu’à atteindre le niveau record de 7.25 € en mars ! Une conséquence de la baisse sensible des mises en place de poulettes en fin d’année dernière. En effet, la production d’œufs aurait enregistré une baisse de 5% sur le dernier semestre. La tendance va-t-elle s’inverser ? Les mises en place de poulettes augmentent depuis le début de l’année. Ceci devrait entraîner une hausse des volumes produits et pourrait infléchir la cotation dans les prochains mois.
Maintien des revenus
Toutes les productions animales ont dû faire face à une forte hausse du prix de l’aliment en 2008. Il atteint près de 252 €/T pour les clôtures comptables de fin d’année. La production d’œufs est l’une des plus concernées : 64% du coût de production de l’œuf provient du coût alimentaire (sans intégrer l’aliment d’élevage des poulettes jusque 17-18 semaines). Heureusement, la hausse du coût alimentaire de 0,76 €/100 œufs a été compensée par une bonne valorisation du prix des œufs de 0,78 €/100 œufs. La hausse du prix de l’aliment a été en partie répercutée sur le prix de vente consommateurs. Au final, la marge brute progresse de 0,10 €/poule.
La productivité se maintient à 302 œufs par poule, tandis que l’indice de consommation se dégrade légèrement (138 g/œuf). Ce phénomène s’explique en partie par l’allongement de la durée de ponte (+ 4 semaines en 3 ans selon l’Itavi).
Depuis deux ans, le revenu se stabilise à un niveau correct. La marge nette d’autofinancement est positive. La situation financière s’améliore. Mais cela suffira-t-il ?
Des investissements lourds
La mise en place des normes bien-être pour tous les élevages au 1e janvier 2012 reste un enjeu majeur pour la filière. Selon l’Union des Groupements de Producteurs de Viande de Bretagne, à peine un tiers des élevages possède des cages aménagées ou aménageables. Pour 7 producteurs sur 10, il ne reste plus que 3 ans pour se mettre en règle. L’investissement par poule est important. Il varie de 15 € (uniquement changement de cages) à 25 € (bâtiment neuf). La charge supplémentaire, liée au remboursement des annuités, oscille entre 0,60 et 1,10 € pour 100 œufs. Or, le solde de l’atelier entre le prix payé et le coût de revient est de 0,07 €/100 œufs sur 5 ans (2004-2008). La filière pondeuses a besoin de bons résultats pour affronter les obligations réglementaires imposées en 2012. Les éleveurs n’auront pas tous la capacité d’investir dans des cages aménagées. La taille de l’élevage, la vétusté des bâtiments, l’âge de l’exploitant et la possibilité de reconversion vers une autre production sont autant de facteurs qui vont intervenir dans la décision d’investissement.
Geneviève Audebet
CER FRANCE Côtes d’Armor