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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Bovins Viande | Article n°9714 |
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VIANDE BOVINE / Le chercheur Pascal Mainsant à l'AG d'Interbovi - Les GMS, pas les bons boucs émissaires
 


Combien d'éleveurs dans l'assistance ? Que je sache tout de suite combien de personne je vais fâcher…" Chercheur à l'Inra au sein du département agriculture et alimentation, Pascal Mainsant donne d'emblée le ton de son intervention, devant les membres d'Interbovi réunis en assemblée générale. Un ton peu conventionnel et surtout, pas compassionnel. Pas sûr, d'ailleurs, que la même intervention, réalisée devant une assemblée FNSEA au paroxysme de la crise laitière, aurait pu aller à son terme.


Des prix pas déconnectés


Pascal Mainsant considère, en effet, que les GMS ne sont absolument pas les bons boucs émissaires, dans cette lutte pour une meilleure répartition des marges qui a tant et tant occupé l'actualité médiatique ces derniers temps. Inutiles, donc, ces actions "vérité sur les prix" menées par les agriculteurs en grandes surfaces, auxquelles appelait récemment la FNSEA. Une position que Pascal Mainsant défend, tout d'abord, en se basant sur sa propre analyse des pratiques des GMS. Cette dernière diffère des analyses habituelles : "oui, quand les prix à la production baissent, les prix au détail, en GMS, le font aussi (voir graphe). Il est faux de dire que leur courbe est invariablement haussière"'. À la base de cette différence d'appréciation : l'utilisation des prix Secodip, et non Insee. "Contrairement aux autres, qui se basent uniquement sur le prix fond de rayon, la méthode Secodip consiste en l'utilisation d'un prix pondéré entre prix fond de rayon et prix promotion." Or, de plus en plus, les promotions font les volumes vendus.


Marges : un effet vache folle


Si les prix au détail s'avèrent moins déconnectés qu'on le dit des prix à la production, il reste que les GMS continuent de se prélever une bonne part du gâteau, à chaque vente de produit. Ce que ne contredit pas Pascal Mainsant : "la marge brute des GMS a beaucoup augmenté en 2001 au moment de la vache folle (suite à des hausses de coûts liés à la vache folle, dont par exemple des pertes par invendus). Ainsi, pour de la longe de porc par exemple, elle est passée à plus de deux euros / kg de longe avec os. Et, après 2001, cette hausse a perduré." Pour le spécialiste, l’heure serait cependant aujourd’hui à un changement d'époque.


Les GMS détrônées


Un changement, initié par l'État lui-même, qui ne fera pas les beaux jours de la GMS. "Entre 2004 et 2008, l'État a mis quatre ans à effacer toutes les lois anti concurrentielles qu'il avait mises en place depuis 1963. La LME 2008 va à nouveau favoriser la concurrence : les hard discount, qui sont trois fois moins nombreux en France qu'en Allemagne, vont se développer. Ce, au détriment des hypers et des supers." L'autre fait marquant, selon lui, sera la poursuite de l'épopée des marques distributeurs (MDD), qui se développent déjà depuis 30 ans. Alors, Lidl et Aldi, nouveaux eldorados pour les producteurs de viande bovine ? L'avenir le dira.


Anne-Laure Lussou


Graph : Contrairement à la courbe de prix "hors promo" (courbe rouge), la courbe de prix d'achat moyens pondérés (courbe bleue) Secodip enregistre des hausses et des baisses.



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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Juillet 2009
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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