
CER France Ille-et-Vilaine a fêté ses 50 ans au Parc des expositions de Rennes, le 26 juin dernier. "L'entreprise est restée fidèle à sa culture associative et mutualiste", a souligné la présidente Joëlle Denoual, en introduction à la convention qui a réuni plus de 1 000 adhérents et salariés. Et d'ajouter : "La promotion des hommes fait partie de nos priorités depuis toujours. Nous devons inventer notre futur tous ensemble". Le thème choisi à l'occasion de l'anniversaire du CER, "Une croissance responsable pour demain", se plaçait d'ailleurs dans la prospective.
Rupture des équilibres écologiques
Jacques Brégeon, directeur du collège des hautes études de l'environnement et du développement durable, a exposé les grands bouleversements attendus dans les années qui arrivent : le réchauffement climatique, la fin de l'économie pétrolière, la dégradation de la biodiversité, la redistribution des ressources en eau… La démographie compte aussi dans les grands enjeux du 21ème siècle : de 6,7 milliards d'êtres humains aujourd'hui, à 9 milliards en 2050. "C'est une situation inédite pour l'humanité. Nous devons désormais inventer un nouveau modèle qui répond aux besoins sans compromettre le bien-être des hommes de demain. A nous de changer nos comportements".
Concernant la crise économique en cours, l'enseignant perçoit des côtés positifs favorables à l'écodéveloppement. "La crise doit être suffisamment profonde pour nous faire changer de modèle". Il propose une évolution des indicateurs de rémunération des dirigeants d'entreprises qui pourraient être "la performance sociale et environnementale".
Le génie humain, une ressource renouvelable
Pour Bruno Parmentier, directeur de l'Ecole supérieure d'agriculture d'Angers, "nous ne sommes pas encore dans la vraie crise". Il met en exergue le problème de la famine. "Pour la première fois, le nombre de personnes qui ont faim dans le monde a dépassé 1 milliard". D'où l'importance d'inventer et de développer une agriculture "écologiquement intensive". "Heureusement, le génie de l'homme ne s'épuise pas", souligne-t-il.
Optimiste aussi, Michel Houdebine, président du pôle de compétitivité Valorial. Il compte sur l'innovation et l'intelligence des Bretons "pour passer d'une culture de quantité à une culture de stratégie". Il met en avant d'autres atouts de la Bretagne : "Nous allons rester une excellente terre de production. Et notre culture celtique présente une dimension internationale". La proximité fait aussi, selon lui, partie des enjeux de demain.
Président du pôle Images et réseaux, Vincent Marcatté conçoit le numérique comme un excellent outil de promotion du développement durable. "La réputation d'une entreprise passe aujourd'hui par internet", déclare-t-il. Il évoque aussi le développement de "l'innovation ascendante", le rôle accru des réseaux sociaux…
En fin de convention, Hervé Gougeon, de la société de conseil et formation Edifia, a brossé avec humour un tableau des "chemins de la réussite". Il a d'abord donné trois grandes sources de freins et d'échecs : "les préjugés, la maladie des excuses et le non respect des engagements". Selon lui, "avoir un but et un plan pour atteindre ce but, persévérer et être enthousiaste" sont des pistes pour réussir.
Agnès Cussonneau
Photo : "L'entreprise est restée fidèle à sa culture associative et mutualiste", a souligné la présidente du CER, Joëlle Denoual.
Pour J.M. Lemétayer, "il faut respecter les agricultures dans le monde"
Selon Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, l'accès à la nourriture sera encore plus limité "si on ne respecte pas les agricultures dans le monde. Il faut mettre en place une gouvernance mondiale et des systèmes de régulation". Conscient de l'importance des échanges, de la formation et du lien social pour mettre en place de nouvelles pratiques, le président de la FNSEA évoque une orientation inverse sur les exploitations d'aujourd'hui. "La charge de travail a plutôt tendance à augmenter. Pourtant, il est important que les agriculteurs ne restent pas seuls sur leur ferme demain".