
Le projet d’arrêté préfectoral du 4e programme d’action de la directive nitrate n’apporte que peu de modification au précédent programme. Il impose l’extension de la couverture des sols à l’ensemble du département, notamment hors ZAC et la généralisation des bandes enherbées sur l’ensemble des cours d’eau. Pas franchement de nature à épouvanter les élus qui considèrent que ces mesures ont montré leur efficacité.
De même ils prennent acte de la prise en compte des baisses d’effectifs d’animaux dans l’établissement de la carte des ZES. Les cantons de Maël Carhaix, Rostrenen, Etables-sur-Mer, Plélan-le-Petit et Ploubalay sortent de la liste. « Mais, regrettent les élus, l’ensemble des dispositions restent à l’identique sur la résorption et la restructuration ». Ils estiment que le maintien des seuils d’obligation de traitement à un niveau trop faible « incompatible en terme de viabilité économique ». De même pour les plafonds et sous-plafonds d’épandage jugés trop restrictifs pour une valorisation locale des engrais organiques.
Des clignotants au vert
Ce refus d’abonder dans le sens de ce projet d’arrêté vient surtout du fait que la profession a le sentiment qu’il n’y a pas de prise en compte des efforts réalisés. Jean-Paul Hamon, responsable du service environnement a notamment expliqué que la qualité des eaux distribuées est conforme (< à 50 mg) dans 99,5 % . « Il ne faut toutefois pas ignorer la qualité dégradée des eaux brutes », rectifie Thierry Thomas de la Confédération Paysanne.
De même depuis 2001 le cheptel et l’azote produit ont beaucoup baissé, moins 5 000 tonnes d’azote sur la période 2001/2007. La baisse est surtout sensible en bovins et en volailles, alors que le flux reste positif en porc, et ceci malgré une diminution du cheptel truies. Positif également les objectifs de résorption atteints à plus de 80 % « Le département est leader avec 46 % de la résorption régionale ». Sur la région 960 installations de résorption sont répertoriées, ce qui concerne 96 % des exploitations soumis à obligation de traitement.
Le bilan des pratiques montre aussi des évolutions sensibles dans les comportements. Quelques chiffres l’illustrent : baisse de 60 % des sols nus, plafonds d’apport respectés à plus de 90 %, 5500 dossiers PMPOA engagés, baisse de 41 unités d’azote par ha en 5 ans. La pression d’azote par ha organique est passée de 142 unités à 108 unités, et la pression totale de 200 à 160. Soulignant que l’excédent du bilan est jugé très satisfaisant au regard même des préconisations du Grenelle de l’environnement.
Carton rouge
Au cours du débat Georges Galardon, élu du collège des coopératives, a fait remarquer que si l’on tient compte de la baisse du cheptel et de l’azote produit « l’objectif de résorption est atteint ». Alain Tiengou estime qu’il faut désormais avoir une approche plus individualisée des efforts faits. En clair, trouver les moyens de « mettre au pas » ceux qui ne font pas les efforts nécessaires. Alors que Jean Salmon, ancien président de la Chambre, décerne un carton rouge au rédacteur du programme d’action avec le sentiment que « les conclusions étaient tirées avant d’avoir fait le bilan ». Il le juge à la limite de la malhonnêteté.
C’est donc au final pour tous ces motifs que les élus ont donné un avis défavorable au projet d’arrêté (3 abstentions).
Pierre Dénès
Photo : Olivier Allain, Président de la Chambre et Stéphan Gouault, Directeur.
Sauver le modèle familial européen
Dans son intervention sur la conjoncture, le président Olivier Allain a dénoncé les effets pervers de la dérégulation européenne. « Le modèle familial européen et le maillage des exploitations sur le territoire est menacé ». Il a aussi fustigé la pression de la Grande distribution à tous les niveaux. « Les nombreuses condamnations pour des pratiques illicites en sont la preuve ». Soulignant que la loi de modernisation de l’économie a fait la part belle aux distributeurs. « Même Jean Paul Charrier le rapporteur de la loi le reconnaît ».
Succès d’Innov’action
Plus de 1850 personnes se sont déplacées sur les sites d’Innov’action. Les seize exploitations « portes ouvertes » ont connu une affluence allant de 10 à 290 personnes. Seule déception, le salon de l’innovation à Quintenic qui a attiré moins de 300 personnes.