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OEUFS / Chez Xavier Le Helloco à Allineuc (22) - Les poulettes à l'école de la volière
 


Les poulettes destinées aux élevages de pondeuses sont généralement élevées au sol sur litière, comme la volaille de chair. Dans la perspective des normes bien-être 2012, quelques éleveurs se sont engagés dans l'élevage de poulettes en cage. Une voie totalement nouvelle a été choisie par Xavier Le Helloco d'Allineuc (22) : l'élevage des poulettes en volière, une première en Bretagne.


Une demande européenne


"Les choix de productions alternatives aux poules en cages diffèrent entre le Nord et le Sud de l'Europe", explique Joël Rouault, du Gouessant. "Les Pays-Bas, l'Allemagne, la Belgique se sont orientés vers le système de volière pour les pondeuses. En France, en dehors des poules en cages, les systèmes plein air, label et bio dominent les productions alternatives". 


Le marché des œufs est de plus en plus européen avec beaucoup d'échanges entre pays. "Des centres de conditionnement nous sollicitent régulièrement pour les approvisionner en œufs issus de poules en volière", déclare Joël Rouault. "Nos débouchés sont très diversifiés au niveau national et nous avons la volonté d'être réactif en complétant notre gamme d'œufs (cage, bio, label, plein air, sol) par la volière". Des bâtiments sont en cours d'aménagement en Bretagne pour répondre à ce nouveau débouché. 


Plus de poulettes


Ces élevages doivent être approvisionnés en poulettes habituées, dès leur plus jeune âge à se percher sur des hauteurs supérieures à 1 m. "En tant que premier fournisseur français de poulettes alternatives (1,6 million d'animaux en 2008 soit 1/3 de l’ensemble du planning), la coopérative souhaite répondre à ce nouveau marché", souligne Thierry Legemble, responsable poulettes. Xavier Le Helloco, éleveur à Allineuc, a saisi cette opportunité. "J'ai été technicien avicole durant 3 ans et je me suis installé en 2000 dans une production non-avicole. Au départ en retraite des parents, (octobre 2008), j'ai repris 3 poulaillers (4 170 m2). Bien que construits en 1980 et 1990, ils sont en bon état, avec un sol bétonné", explique Xavier. 


Le nombre d'animaux permis par l'autorisation d'exploiter est supérieur au nombre de poulettes qu'il pouvait élever au sol. "J'ai donc réfléchi à la façon de valoriser au mieux cette autorisation. J'avais 3 solutions : créer ou racheter des surfaces supplémentaires ou mettre en place une volière", poursuit le jeune éleveur. "Après une visite d'élevages aux Pays-Bas, et une réflexion  de 18 mois, j'ai choisi une volière Jump Start de Vencomatic, installée par Mafrel". 


La bâtiment abritera 32 000 poulettes au lieu de 19 000. Les  caillebotis sont placés sur sol bétonné. Les poulettes disposent de plateaux réglables en hauteur par treuils. "On augmente graduellement les différences de niveau entre l'alimentation et l'abreuvement, ce qui encourage les animaux à sauter d'un niveau à l'autre", explique Sébastien Guinard, de Mafrel. "Les poulettes prennent l'habitude de se déplacer à différentes hauteurs et s'adaptent ensuite facilement à tous les systèmes alternatifs (bio, plein air…)". 


6,50 euros par poulette


Les poulettes sont élevées sur un niveau pendant 3 semaines puis les plateaux s'élèvent petit à petit. À 6-7 semaines, elles colonisent les différents niveaux. "La surface développée est plus importante et le système permet une plus haute densité d'animaux par comparaison aux bâtiments classiques", estime Xavier. "Il n'y a plus de litière au sol, ce qui permet d'avoir une ambiance plus sèche. Sur la période 0-18 semaines, le travail par poulette n'est pas plus important, compte tenu du nombre supérieur. Par contre, pendant le vide sanitaire, il faudra passer plus de temps à relever les caillebotis et à enlever les fientes". 


L'investissement s'élève à 210 000 euros soit 6,5 euros par poulette. En construction neuve, l'investissement serait de 15 euros par poulette (avec fosse et douche…). "Dans les conditions actuelles du marché, seul l'aménagement d'un bâtiment existant permet d'assurer un équilibre financier satisfaisant", déclare Thierry Legemble ." Sur le plan technique (croissance et indice), il n'y a pas de différence entre les résultats de poulettes au sol ou en volière. Seul le comportement des animaux diffère".     


Patrick Bégos


Photo : Les poulettes doivent sauter d'un plateau à l'autre pour accéder à l'eau et l'alimentation. 





Pas de concurrence avec la cage



L'élevage de poulettes et de pondeuses en volière ne vient pas en concurrence avec le système classique (poulettes au sol et pondeuses en cage). "C'est au contraire une solution supplémentaire qui répond à des débouchés. L'œuf produit en volière s'ajoutera au panel de produits proposés au consommateur", ajoute Joël Rouault.  


Pour Xavier Le Helloco, "cet investissement permet de coller à la demande du marché et de répondre à l'évolution des souhaits des consommateurs. Les conditions de travail seront bonnes tout en respectant le bien-être et l'instinct naturel des poulettes.





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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 16 Juillet 2009
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