
Les marges de la distribution sur la viande de porc vont de 34% pour la côte de porc à 44% pour le jambon, a indiqué l’Observatoire des prix et des marges, dans sa première étude, rendue publique le 30 juin, qui porte sur la construction du prix de la viande de porc. Ces niveaux de marges sont très supérieurs à ceux des autres stades de la filière (élevage, abattage, salaison). Au cours des quinze derniers mois, les marges de la distribution sur la côte de porc ont été en moyenne de 34%, avec une tendance à l’augmentation (33,5% en début de période, 37% en fin de période). Sur 10 euros dépensés par le consommateur pour acheter de la côte de porc, 3,55 reviennent à l’éleveur, 1,09 à l’abatteur-découpeur et 3,51 au commerçant (le reste consiste en des taxes et des pertes de matière lors du débitage).
Jambon blanc : 4,40 euros pour le distributeur, 1,67 euros pour le producteur
Pour le jambon blanc, qui est un produit plus transformé, la marge du distributeur est de 44% sur la moyenne 2001-2007, avec une tendance à la baisse (44,1% en début de période, 41,6% à la fin). La plus grande part du prix est payée au distributeur, de façon encore plus nette que pour la côte de porc. Dans un communiqué, Jeunes Agriculteurs met en regard la part de 4,40 euros qui revient au distributeur, qui correspondent à « quelques jours à peine de mise en rayon », avec la part de 1,67 euro qui va au producteur, alors « qu’il faut six mois pour élever un porc »). « Pour marquer définitivement la fin d’une époque d’abus et de tromperie organisés, l’observatoire et la DGCCRF (1) doivent poursuivre leurs actions et aller enquêter sur la formation des prix du lait et des fruits et légumes... », concluent Jeunes Agriculteurs.
Graphique : Répartition de la marge sur le jambon blanc, le produit le plus transformé.
« La distribution peut baisser ses prix de 8 % »
L’organisation de consommateurs UFC-Que Choisir estime que la distribution peut baisser ses prix de 8 % sur la viande de porc. Ces 8% correspondent à des marges « non justifiées ». « La marge brute de la distribution est en tendance à la hausse depuis dix ans, renchérissant d’au moins 50 centimes du kilo le prix de la longe, de la côte et du rôti de porc », 1,67 € à l'éleveur 0,49 € à l'abatteur- découpeur 2,91 € à l'industriel charcutier-salaisonnier 4,40 € au détaillant constate l’organisation. Or « cette hausse s’est notamment produite au moment de la deuxième crise de la vache folle, à la faveur du report de consommation vers la viande de porc » et « les marges supplémentaires constituées à cette époque n’ont pas diminué depuis ».