
C'est une étude d'ampleur que l'Afssa de Ploufragan clôture là. Durant deux ans, de 2006 à 2008, 144 élevages du Grand Ouest ont été examinés de près pour leurs paramètres d'ambiance des bâtiments. Ce, en collaboration avec sept PME, les groupements de producteurs et les coopératives du secteur. Objectifs : décrire la composition de l'air de ces bâtiments au travers de plusieurs indicateurs physico-chimiques, établir des groupes de composition d'air similaire et enfin identifier les facteurs explicatifs associés à ces différents groupes. Tout cela, afin d'aboutir à une mission concrète : aider les entreprises à imaginer, aussi précisément que possible, les bâtiments de demain.
Cinq paramètres
En post-sevrage et en engraissement, cinq paramètres ont été recensés : la température (intérieure et extérieure), l'hygrométrie (intérieure et extérieure), la concentration en CO2, en NH3 et en poussières respirables. Globalement, les recommandations moyennes de composition d'air ont été respectées, dans les élevages enquêtés, pour trois paramètres (la température intérieure, la concentration en NH3 et l'hygrométrie relative) mais ne l'ont pas été pour deux : la concentration en poussières respirables et en CO2.
Post-sevrage : trois groupes
En post-sevrage, l'étude a permis de mettre en évidence des groupes d'ambiances différentes. Le premier étant qualifié de "climat froid", le second de "meilleure qualité d'air" et le troisième de "chargé en gaz". 42,9 % des salles ont été comprises dans l'échantillon "meilleure qualité d'air". Les responsables de l'étude ont ensuite identifié 11 paramètres correspondant aux différents groupes. Le groupe "meilleure qualité d'air" a été caractérisé selon les suivants : un volume d'air par porc de 1,1 à 1,3 m3, un temps de préchauffage avant l'entrée des porcs en hiver supérieur ou égal à 20 heures, une température consigne de ventilation à l'entrée des porcs de 25 à 26,5 °C, une distance surface lisier – surface des caillebotis supérieure à 0,5 m, une hygrométrie relative extérieure moyenne comprise en 80 et 90 %, une température extérieure médiane supérieure ou égale à 14,5 °C et enfin un coefficient de fluctuation thermique inférieur ou égal à 0,16.
Engraissement : deux groupes
En engraissement, parmi les 144 salles étudiées, seuls deux groupes ont été mis en évidence, l'un des deux caractérisant une meilleure qualité de l'air. Suite à la recherche de facteurs explicatifs, ce groupe a, de son côté, pu être caractérisé par les éléments suivants : un nombre de porcs par salle inférieur ou égal à 120, une surface de case inférieure ou égale à 12 m2, un volume d'air par porc supérieur ou égal à 2,5 m3, une d'extraction d'air basse, une alimentation soupe, un préchauffage des salles avant l'entrée des porcs en hiver (avec température consigne de ventilation, à leur entrée, supérieure à 24°C et plage de ventilation en hiver inférieure ou égale à 5°C), une hygrométrie relative extérieure moyenne inférieure ou égale à 90 % et une température extérieure moyenne supérieure à 13 °C.
Anne-Laure Lussou
Photo : Christelle Fablet, Chargée d'étude sur les conditions d'ambiance en élevage de porcs à l'Afssa.