
La demande de verrats Piétrain ne cesse d'augmenter. L'organisme de sélection ADN y répond en créant un nouvel élevage de 120 truies naisseur – engraisseur au Conquet. "Ce troisième élevage Piétrain portera le noyau de sélection à 400 truies", indique Henri Le Gléau, président de la structure. "Cet effectif permettra d'augmenter la pression de sélection et de répondre à l'élargissement du potentiel de vente, avec l'entrée de Terrena (secteur Pays-de-la-Loire) dans l'Union Pigalys, adhérente à ADN". 90% des 150 verrats labellisés en moyenne chaque année entreront en centre d'insémination. 10% iront en élevage.
Le choix du site de production s'est porté sur un élevage conventionnel existant, de 80 truies, chez Murielle et Fernand Kerneis. "Nous avions des travaux de rénovation à réaliser", explique Fernand. "La possibilité d'atteindre 120 truies (autorisation existante) nous permettait de répondre à la demande d'ADN". Une opportunité pour les deux parties. Le site, adossé à la mer, est proche d'un gros bassin de production des coopératives associées.
Coût du bâtiment
L'élevage offre des garanties maximales de biosécurité. Malgré son isolement (pas d'autres élevages à proximité), le haut statut sanitaire sera protégé par un système de filtration de l'air. Le système de ventilation est inchangé. Les filtres Noveko de Géosane s'appliquent sur les entrées d'air et détruisent les agents pathogènes par contact. L'air vicié est extrait par une gaine centralisée sous le bâtiment. Le coût de la filtration est estimé, sur l'élevage, à 219 euros par truie présente. "À terme, l'objectif est d'équiper tous nos élevages de systèmes de filtration pour sécuriser le niveau sanitaire. L'économie de produits vétérinaires est, de plus, bénéfique pour les éleveurs", estime Henri Le Gléau. Le système de lavage de l'air sortant n'est pas encore installé. Il est néanmoins prévu. Une mesure de précaution bien utile dans ce lieu touristique.
Le bâtiment aux normes "bien-être" présente quelques caractéristiques liées à l'activité de sélection : des sas d'entrée, une densité inférieure des animaux, une quarantaine à l'intérieur pour préparer les cochettes après le tri (70% de renouvellement), trois salles de cases individuelles de préparation de futurs reproducteurs et une salle spécifique pour les transplantations embryonnaires. L'investissement total est de 8300 euros par truie, soit 35% environ de majoration par rapport à un bâtiment conventionnel.
Le peuplement avec des animaux au statut sanitaire élevé, provenant d'un élevage des Côtes d'Armor, aura lieu en fin juin. Les premières mises bas sont prévues au début juillet et les premières ventes de reproducteurs dès janvier 2010.
Bernard Laurent
Photo : De gauche à droite: Fernand et Murielle Kerneis, éleveurs, Louis Kernaleguen et Henri Le Gléau, respectivement directeur et président d'ADN.
Transferts d'embryons
ADN a organisé l'importation d'embryons Duroc provenant de 10 truies donneuses issues de l'élevage de son partenaire Fast-Genetic au Canada. Le 15 mai dernier, ils ont été implantés sur 17 truies receveuses de l'élevage de sélection Duroc dans le Finistère. Le lendemain, la même équipe a collecté les embryons de 10 truies Piétrain ADN avec pour objectif de les réimplanter sur 15 truies Canadiennes. Les collectes ont donné entre 16 et 40 embryons de bonne qualité par truie. Ces échanges apportent de la variabilité génétique sans prendre de risque sanitaire. Les embryons, au stade de la collecte, sont encore protégés par la membrane pellucide.