
Si l'on peut dire, il a "l'avantage" d'avoir déjà traversé une crise, Roger Brault. Ancien éleveur "Nazart", le président du syndicat Normande 35 s'est longuement penché sur le contexte laitier et sur les moyens de s'en sortir. C'est donc avec force et conviction qu'il martèle aujourd'hui ses maîtres mots, à l'attention des éleveurs : "il va falloir avoir le réflexe de vendre. Et pas que du lait. Nous avons la chance de travailler avec la Normande, une race complète : en plus de baisser le coût alimentaire, il nous faudra augmenter la valorisation de la protéine, du produit viande, des veaux… Chacun doit véritablement avoir une stratégie de vente, en évitant de mettre tous ses œufs dans le même panier."
Vigilance sur la fonctionnalité
En amont de la stratégie de vente, s'impose la réussite technique. "Il faut rester vigilant sur la fonctionnalité", insiste Roger Brault, néanmoins satisfait de l'amélioration enregistrée par les élevages Normands du département en 2008-2009, sur un poste comme la réussite en 1ère insémination : 52,3 %, soit + 0,7 % (donnée Bretagne contrôle laitier Ille-et-Vilaine). En moyenne, la production a atteint 6 092 kg / VL (en baisse de 78 kg), à 43,9 de TB et 34,7 de TP. Le lait s'est valorisé en moyenne à 368,8 euros / 1000 litres, soit + 22,3 euros par rapport à la précédente campagne. Mais la hausse du coût de concentrés empêche tout satisfecit : + 20,1 euros.
La génomique à petits pas
Dans ce contexte, la moindre économie et le moindre gain sont bons à prendre. Certains chercheront ce dernier du côté de la génomique, qui promet une amélioration génétique plus rapide. Les unités de sélection sont, en effet, en train de diffuser les premiers taureaux génomiques. La stratégie du risque, néanmoins, diffère entre chaque : pour Créavia, pas question de faire de "vedettariat" avec des taureaux à moins de 70 de CD. Pour Amélis, tout est une question de choix d'accouplements au sein du troupeau : "au lieu d'utiliser un même taureau sélectionné sur descendance sur 10 vaches, on utilisera 5 taureaux génomiques différents, et l'on prendra absolument le même risque", explique Jean-Christophe Boittin. Côté femelles, la génomique aura en tout cas l'avantage de permettre un meilleur ciblage des mères à taureaux. Les progrès n'en sont qu'au commencement.
Anne-Laure Lussou
L'assemblée générale s'est tenue au sein du Gaec Daufin – Joubert (Combourg), équipé pour la traite en 2 x 20 simple équipement pour 120 vaches : reportage spécifique à venir.
Photo : Roger Brault, président Normande 35, Yves Joubert, associé du Gaec Daufin-Joubert, Bernard Moisan et Gabriel Renaudin, trésorier et secrétaire Normande 35, Angélique et son père Pierre Daufin les deux autres associés du Gaec accueillant la porte ouverte organisée dans le cadre de la semaine de l’élevage (1600 visiteurs).
Vaches à haute valeur génétique : assurance en vue
C'est la deuxième fois que le département se lance – la première tentative ayant échoué – dans la mise en place d'une caisse d'indemnisation sanitaire pour les vaches à haute valeur génétique. Cette fois, le projet est sur les rails – toutes races confondues – et une réunion sur le sujet devrait être organisée par le GDS à la rentrée. L'intégralité des maladies devrait être prise en compte, chaque éleveur pouvant néanmoins choisir de ne contractualiser que pour certaines d'entre elles. Basée sur le mutualisme, la caisse ne fonctionnera qu'à condition de rassembler suffisamment d'éleveurs : 500 sur le département.