
Pour limiter les chutes de taux butyreux avec des rations riches en amidon dégradable, il est recommandé d’introduire de la paille pour accroître les durées de mastication et le recyclage salivaire. « L’utilisation de luzerne déshydratée sous forme longue pourrait être plus efficace, dans la mesure où elle apporte des fibres physiques, mais aussi des substances tampons tout en étant plus énergétique que la paille », indiquent des chercheurs de l’Inra de Saint-Gilles qui ont comparé quatre traitements.
Meilleure consommation avec la luzerne
Les quatre lots de onze vaches ont reçu respectivement pendant 4 semaines : un régime à base d’ensilage de maïs avec un apport de blé représentant 30 % de la MS du régime ; un lot « témoin négatif » a reçu un régime plus acidogène en substituant la moitié de l’ensilage par du maïs déshydraté plante entière ; les deux autres lots ont été complémentés, soit par 4 kg de luzerne longue, soit par de la paille de blé hachée en substitution de l’ensilage, l’apport de maïs déshydraté restant à 6 kg.
Comparée à la paille, la luzerne a une proportion de particules retenues par un tamis de 4 mm beaucoup plus faible et de particules filtrant à travers le tamis de 1 mm plus élevée.
Les quantités ingérées ont été supérieures de 3,8 kg pour les trois rations comportant du maïs déshydraté. L’ingestion la plus élevée a été mesurée pour la ration avec luzerne ; la plus faible pour celle avec de la paille. La production totale de lait et le taux protéique n’ont pas varié entre les quatre traitements. Le TB a été le plus élevé avec la ration luzerne. La chute du TB a été très marquée durant le premier mois, puis il est remonté pour se stabiliser ensuite.
Des substances tampon
L’analyse des performances zootechniques, de la composition du lait et du sang traduisent sans doute une meilleure efficacité de la luzerne pour stabiliser les fermentations ruminales. Il est peu probable que cet effet luzerne s’explique par l’accroissement du temps de mastication car elle apporte moins de particules que la paille. Il est aussi établi que la paille conduit aux durées de mastication les plus élevés. Et que les particules de luzerne stimulent moins la mastication que celles de l’ensilage de maïs.
En outre, la moitié de la matière sèche de la luzerne est constituée de particules fines qui doivent être rapidement fermentées. Il est plus probable que l’effet de la luzerne s’explique par l’apport de tampons. Ainsi la ration luzerne a entraîné un accroissement de bicarbonates sanguins et une diminution de la chlorémie malgré l’augmentation des quantités ingérées et sans doute une production d’acide plus importante dans le rumen. L’accroissement des teneurs en bicarbonate du sang a pu en retour favoriser le recyclage salivaire.
Photo : Contrairement à la paille, la luzerne a permis de limiter la chute du TB et d’accroître l’ingestion dans le cas de rations acidogènes.