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Morbihan (56)
La ferme 2008 du Morbihan à la loupe : Une année laitière atypique
 

 


Une bonne année laitière


Le contexte de 2007, augmentation de la demande de produits laitiers et baisse de l'offre mondiale, a pesé sur les résultats de 2008. L'augmentation des prix du lait a poussé à la production (+ 15% en fin de campagne 2007-2008) et assuré de bonnes marges : 263 €/1000 litres en moyenne. Le marché s'est retourné en fin 2007. L'effet "retard" (lissage sur 12 mois) sur le prix payé a abouti à un prix de 400 €/1000 litres au moment où les produits industriels se vendaient déjà mal sur le marché mondial.
"La marge moyenne de 263 € /1000 litres cache de fortes disparités entre élevages : 80 € d'écart entre le quart supérieur et le quart inférieur", signale Anne Lucie Menier, économiste au CER France. Les prévisions pour la fin d'année 2009 donnent une marge moyenne de 199 €/1000 litres. "Le quart inférieur des producteurs se retrouvera en difficulté". Les bons résultats courants de l'année 2008, proches de 30 000 €/UTH familial, en moyenne, ne se renouvelleront pas en 2009. "Le résultat devrait se situer à 12 000 € en moyenne". Le quart des exploitants aura un résultat négatif en fin d'année. "Les éleveurs en difficulté doivent déjà négocier avec leurs partenaires afin de trouver des solutions pour passer cette crise". À moyen terme, la demande mondiale devrait reprendre. La gestion de la fin des quotas reste une inconnue.


Les bios aussi


Les producteurs de lait bio ont bénéficié d'une forte augmentation de la demande. Les prix ont suivi. Peu consommateurs d'intrants, ils ont moins subi la hausse des charges que les producteurs conventionnels. Le résultat courant de 2008 est de 30 000 €/UTHF en moyenne. "Attention à l'équilibre de la filière si l'offre de produits augmente trop rapidement", prévient l'économiste.


La FCO joue des tours en viande bovine


En bovin viande, la légère baisse de la marge brute est essentiellement due à l'augmentation du coût de concentré en élevage naisseur-engraisseur et à la baisse du prix du broutard en élevage naisseur. Le manque de broutards pourrait être la principale caractéristique de l'année 2009. "Les déclarations de naissance sont en baisse de 20%. La FCO a provoqué des avortements ou un retard des saillies fécondantes", avance Lucien Gautier, du CER France. En veaux de boucherie, l'allongement des vides sanitaires et des durées de croissances place la filière en difficulté. Les charges de structure augmentent. La consommation est en baisse. Le résultat courant est en diminution constante depuis 2001 (13640 €/ UTHF en 2008).


L'aliment : 67% du coût de production du porc


Les cours du porc se sont maintenus à un niveau correct l'année dernière (1,38 €/kilo au deuxième semestre 2008). Les résultats sont cependant fortement pénalisés par la flambée du coût alimentaire (243 €/tonne d'aliment au 2ème semestre). L'aliment représente désormais 67% d'un coût de production qui atteint 1,40 €. Le nombre de porcs produit par truie et l'indice de consommation s'améliorent. La marge par truie est de 630 €. "Le quart supérieur atteint 1005 € et le quart inférieur seulement 230 €". Le résultat de l'année 2008 est de 11 861 € /UTHF, en moyenne. 31% des producteurs sont endettés à plus de 100%."Le prix de l'aliment a baissé au premier trimestre 2009 mais la reprise de la demande estivale se fait attendre". Les investissements se font rares. Le parc bâtiment vieillit et fait craindre une stagnation des résultats techniques. La date butoir des mises aux normes bien être approche…


L'œuf et le poulet passent au vert


L'aviculture de chair s'en sort bien sur l'année 2008. "La filière a réussi à répercuter l'augmentation du prix de l'aliment aux prix à la consommation", explique Lucien Gautier. La production de volailles est stable. La consommation est en hausse. La balance commerciale se dégrade cependant: l'augmentation des volumes importés est supérieure à celle des volumes exportés. Les éleveurs spécialisés en poulet et dindes ont néanmoins enregistré un redressement des résultats. Les marges poussin-aliment (PA) sont de 36,3 €/m2 en poulet standart et de 43,8 €/m2 en dindes au 2ème semestre 2008. Le résultat courant de 21 874 €/UTHF est supérieur à la moyenne des années antérieures. En œufs de consommation, les marges ont progressé de 13 centimes par poule sous l'effet de  la hausse de consommation et des prix. Le résultat courant se rétablit après les années 2005 et 2006 difficiles : 44 000 €/UTHF en 2008. La baisse de consommation et l'augmentation du coût alimentaire continuent de pénaliser la filière lapins.


Un pois en grande forme


En grandes cultures, les marges dégagées en 2008 sont en augmentation à l'exception du maïs grâce aux rendements et aux prix de vente. Les légumes industrie ont connu une année exceptionnelle (rendements et prix) avec des marges brutes multipliées par deux en pois. Le prix des pommes de terre de consommation est responsable de la baisse des marges.


Bernard Laurent



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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 25 Juin 2009
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Ferme laitière de Trévarez à Saint-Goazec (29) / Agriculteur : un métier qui intéresse la société





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