Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Finistère (29)
Alliance et investissements : La Cecab s’inscrit dans le long terme
 

La nouvelle, c’est que les 6 000 adhérents de la Cecab vont se partager 2,3 millions d’euros de résultat, auxquels il faut ajouter 260 000 euros d’intérêts aux parts sociales. « Une première pour notre coopérative », précise Alain Morice, président, qui voit par là « un moyen de récompenser la fidélité des adhérents ».


Retrouver de la compétitivité


En tout cas, un « boni » sans aucun doute bien perçu dans le contexte agricole déprimé du moment. Contexte qui conduit Jean-Michel Jannez, directeur général du groupe, à insister sur la nécessité pour les outils industriels agroalimentaires bretons de retrouver de la compétitivité.
« La compétitivité que nous avons perdue ces dix dernières années, nous devons absolument la reconquérir. Car, que cela convienne ou pas, nous sommes au minimum dans une logique européenne de marché », fait observer le directeur, non sans faire remarquer qu’un certain équilibre économique doit être trouvé entre l’amont et l’aval. De là à approuver les actions menées à l’encontre de la grande distribution, il y a un pas que les responsables de la coopérative ne franchissent pas. « Nos clients sont à 1/3 les grandes surfaces, 1/3 le food-service, 1/3 les industriels et l’exportation. Passer son temps à bloquer des plateformes commerciales ou industrielles est un emplâtre sur une jambe de bois. Les réponses simplistes ne sont pas satisfaisantes ».
Pour le groupe coopératif, la compétitivité passe aussi par des alliances. En porc, l’Union Prestor-Cecab est, de l’avis d’Alain Morice, « une belle réussite industrielle même si les résultats économiques de l’aval ne sont pas encore assez satisfaisants ». Et d’ajouter, qu’en production porcine, « la solution ne peut pas être seulement de baisser le prix à la production. Les abatteurs ne doivent pas exclusivement se tourner vers les producteurs, mais bien participer à établir un climat serein dans la filière ».


Imaginer de nouveaux financements


Dans le domaine de l’œuf, la rationalisation des outils Cecab se concrétise par le rapprochement avec la Coop de Broons. La construction d’un nouveau centre de conditionnement commun de 600 à 700 millions d’œufs est projetée sur Trémorel. Sans oublier les autres accords de partenariat avec la même coopérative dans les secteurs de l’agrofourniture, des céréales, des aliments du bétail qui seront effectifs à partir de juillet prochain.
Cette structuration industrielle et d’amont, nécessaire pour affronter les réalités commerciales, n’aura de sens que si l’agriculture de production reste solide en Bretagne. Or, la crise actuelle met l’accent sur la déstabilisation qui guette l’outil de production. Comme solution, J.-M. Jannez suggère, entre autres, de revoir l’accompagnement financier des exploitations agricoles. « Il faut imaginer des systèmes pour accompagner les installations. Par exemple par des garanties de prix de rachat des denrées agricoles. Si l’on veut qu’il y ait encore de la production agricole demain, il faudra bien que quelqu’un s’engage ».
Pour les responsables du groupe, il ne s’agit en aucun cas d’intégrer les agriculteurs. « Mais, par exemple, de garantir un prix minimum qui permet de se projeter sur le long terme. Nous l’avons déjà fait en production d’œufs », cite le directeur qui ne veut pas s’engager à la légère auprès des agriculteurs. « Quand nous installons quelqu’un, nous réfléchissons avec lui à un projet à 30 ans ».

Didier Le Du


Légende : De gauche à droite, Alain Morice, président de la Cecab, et Jean-Michel Jannez, directeur général.





12 000 ha de légumes en Bretagne



À la Cecab, le légume représente 12 000 ha en Bretagne (700 producteurs) et 6 000 ha potentiels en Russie (1 500 ha à ce jour).
Ces 3 dernières années, le groupe a investi 60 millions d’euros sur 8 sites des pays de l’Est (Russie, Hongrie, Pologne). Objectif : conquérir une partie du marché du légume qui, en Russie, pèse 1 million de tonnes, soit le double de la France.
Reste que, cette année, le groupe breton n’a pas échappé au revers de la crise financière. « L’impact de la volatilité des parités monétaires s’est traduit par un manque à gagner de 7 à 8 millions d’euros », calcule le directeur, soulignant qu’en 2009, « la filiale russe devrait être la plus importante de l’international ».



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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 25 Juin 2009
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