Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
FDCuma 22 / Echanges parcellaires, assolement en commun : S'organiser pour gagner en performance
 

L'agrandissement actuel des exploitations amène dans certaines situations à un effet de morcellement des parcelles, avec des conséquences sur l'efficacité et la maîtrise des coûts. "Le contexte actuel pousse les agriculteurs à réfléchir sur l'organisation parcellaire : prix des carburants, environnement, difficultés de circulation des engins agricoles en zone péri-urbaine, réduction du temps de travail…", a précisé Sophie Le Corvaisier, de la Chambre d'agriculture des Côtes d'Armor, lors de l'assemblée générale de la FDCuma 22, le 9 juin à Saint-Barnabé.


Echanges en propriété ou en jouissance


"Les échanges parcellaires sont possibles que l'on soit propriétaire ou locataire. On peut réaliser des échanges en propriété, avec passage chez le notaire, ou des échanges en jouissance, plus simples. Dans l'échange, chaque partie doit trouver un intérêt", rappelle-t-elle. L'expérience réussie sur le secteur de Bain de Bretagne (35) a été présentée lors de l'assemblée des Cuma. "24 agriculteurs de la commune étaient intéressés par les échanges parcellaires. En 2006, nous avons constitué un comité de pilotage avec la Chambre d'agriculture et une bourse d'échanges a été mise en place. 100 ha ont été échangés, à chaque fois des surfaces identiques pour faciliter la gestion des quotas et des DPU", relate Jean-Paul Helluard, un des agriculteurs entrés dans la démarche.
Il a lui-même permuté 15,30 ha avec un voisin producteur de porc. "Nous n'en avions jamais parlé avant. Avec un échange en jouissance, il nous a juste fallu avertir les propriétaires. J'ai gagné 1 100L de fioul par an et un vrai confort de travail : auparavant, je passais 13 à 14 heures par semaine pour les trajets des vaches au pâturage". Niveau inconvénients, la liste est réduite. "Nous avons refait le plan d'épandage. Par ailleurs, les échanges en jouissance peuvent être remis en cause à n'importe quel moment". Alain Lelièvre, autre agriculteur de Bain de Bretagne, n'a permuté que 1,27 ha, mais cela a permis de "débloquer" trois autres échanges.


Après la Cuma intégrale, l'assolement en commun


Pour réduire les coûts de production des cultures, une autre solution existe, mais n'est que peu utilisée en Bretagne : l'assolement en commun, qui se situe entre la Cuma intégrale et la fusion d'exploitations. "L'assolement en commun peut ne concerner que certaines parcelles de l'exploitation", note Claudie Visière de la FNCuma. Pour la Cuma des villages de la Somme, l'assolement en commun a été choisi dans le cadre d'un projet de développer la culture de pomme de terre (aujourd'hui 200 ha). L'assolement en commun permet de réduire le coût à l'ha, et mutualise le risque.
"Nous avions entamé une réflexion de réduction des charges en 1990. A l'époque, nous étions 8 agriculteurs sur 600 ha, dont 5 élevages laitiers", explique Pascal Levêque, président de la Cuma. "Sur les 18 tracteurs des 8 agriculteurs, 7 ont été gardés. Sur les 7 semoirs, un seul est resté… Les rôles de chacun ont été définis selon les affinités". Aujourd'hui, 9 agriculteurs et 2 fermes gérées à façon sont dans le groupe avec 840 ha en tout.
Plusieurs types de regroupements ont été mis en place : Cuma matériel, Cuma pomme de terre, SARL pour le stockage des pommes de terre, GIE pour les commandes d'intrants, groupement d'employeurs (4 postes de salariés ont été créés), Société Civile Laitière (SCL) pour les 5 producteurs de lait (2 millions de L de lait avec 200 VL). "Notre fonctionnement a appuyé l'installation de quatre jeunes. Avec seulement 250 euros/ha de parts sociales plus le coût des prestations, le jeune bénéficie de l'ensemble des matériels". Chaque agriculteur a conservé son bilan et peut quitter la Cuma s'il le souhaite.
Très économique, ce type de regroupement demande toutefois quelques concessions : il faut apprendre à fonctionner ensemble et à déléguer, se mettre d'accord sur les investissements… "Et au préalable, il faut bien définir son projet personnel pour construire au mieux le projet coopératif. La gestion et l'évaluation dans le temps sont aussi très importantes", conseille Claudie Visière.
Agnès Cussonneau


Légende : De gauche à droite : Alain Lelièvre, Jean-Paul Helluard, Claudie Visière, Sophie Le Corvaisier, Pascal Levêque et Vincent Laizé, directeur des FDCuma 22 et 35.





Hausse des charges de mécanisation en 2008



Lors de l'assemblée générale, Yannick Le Bars, président de la FDCuma 22, a rappelé l'intérêt de fonctionner en Cuma pour faire face aux nouvelles exigences économiques. "Les ventes de matériels agricoles ont à nouveau progressé en 2008, avec une augmentation des charges de mécanisation de près de 100 euros à l'hectare sur l'année. Parallèlement, les Cuma peinent à maintenir certaines activités. Nous devons concrétiser la réflexion engagée sur la réduction des charges de mécanisation avec des investissements collectifs, sources d'économie. Des outils d'analyse (mécagest, mécaflash) peuvent aider les groupes", a souligné le président.



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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 25 Juin 2009
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