
Félicitations pour votre fusion, elle était nécessaire. Mais elle ne constituera, sans doute, qu'une étape." Face aux producteurs de Porc Ouest et de l'Armorique, les deux structures qui ne formeront désormais plus qu'une, Porc Armor (lire ci-dessous), le président de Sofiproteol en appelle à l'humilité. Pas de place pour l'autosatisfaction excessive, en somme, dans cette aire du temps où "l'ambition doit être, quel que soit le secteur, de cerner tous les périmètres pertinents pour se développer".
Pas forcément plus gros
Une course en avant qui n'implique pas forcément de grossir à tout prix. "L'essentiel n'est pas la taille : la vraie réussite est la capacité à répondre à des segments de marchés très différents. Il ne faut pas s'interdire tel ou tel marché." Et le patron de Sofiproteol de prendre en exemple son propre groupe, qui intègre un pôle gestion de fonds d'investissements et deux pôles industriels : les oléagineux (huiles, biocarburants et chimie), et la nutrition - filières animales (Glon). Une structuration qui l'a notamment conduite à acquérir le leader des marques nationales en GMS sur le marché des huiles alimentaires, Lesieur. De quoi peser face à la grande distribution, pour une fois. Et le développement du groupe est perpétuel : "oui, faire des acquisitions en salaisonnerie, ça fait partie de nos réflexions stratégiques", acquiescera Xavier Beulin suite à l'interrogation d'un éleveur.
Végétal – animal, faire ami ami
Renforcer les liens entre le monde animal et le monde végétal, tel est en effet l'un des leitmotiv du n°2 de la FNSEA. "Nos deux mondes se sont trop éloignés", déplore-t-il. Avant de lister quelques pistes pour améliorer la compétitivité de la filière porcine. Et puisque cela ne suffira pas : "Au niveau européen, nous travaillerons sur l'assurance et le fonds sanitaire, sur les restitutions. Au plan français, nous demanderons que la Dotation pour aléa (DPA) prenne en compte les aléas économiques et pas seulement climatiques." Enfin, puisqu'il faut commencer par balayer devant sa porte, dit-on, "la filière porcine française doit aussi faire son introspection", juge Xavier Beulin, pointant du doigt la responsabilité de son "opérateur principal" (ndlr : Cooperl) qui, selon lui, "ne joue pas son rôle de responsable de filière, ce rôle étant de la tirer vers le haut".
Anne-Laure Lussou
Légende : Xavier Beulin a notamment beaucoup insisté sur l'aspect organisation de la commercialisation, un thème qui lui est cher.
Porc Armor : la nouvelle entité
(nouveau bureau désigné le 1er juillet)
- 770 éleveurs sur 14 départements
- 1,6 million de porcs
- 2 sites : Loudéac, Étrelles
- génétique : France Hybrides, France Gènes
- aliments : Sanders, Sunfeed
- santé animale : SEL référencées
- hygiène / nutritionnel : Sogeval
- commercialisation / abattage : Abéra, Bernard, MPB