
Avec un peu plus de 9 millions de t. d'aliment produites en 2008, les fabricants d'aliment bretons ont enregistré une progression de 1,3 % de leurs volumes par rapport à 2007. "Les tonnages globaux ont été maintenus grâce à l'aliment bovin qui a enregistré une progression de 13,4%", souligne Hervé Vasseur, président de l'Afab (Association des fabricants). En lait, les rallonges de quotas accordées en 2007/2008 ont contribué au développement des ventes d'aliment.
Forte chute en aliment bovin
En Bretagne, l'aliment porc reste dominant avec plus de 4,4 millions de t., malgré une légère régression de 0,41%. Le tonnage d'aliments volailles (3,3 millions de t.) est quasiment stable (- 0,18%), malgré la chute en dinde et poulet.
Si l'aliment bovin a sauvé la situation en 2008, ce ne sera pas le cas en 2009. Les volumes d'aliments fabriqués durant 4 premiers mois sont en chute, qu'il s'agisse de la volaille (-3,3 %), du porc (-7 %) et surtout du bovin (- 20 %). La conjoncture laitière en s'est effet retournée. "Face à un prix du litre de lait en chute, la plupart des éleveurs serrent leurs coûts de production, au travers notamment d'une diminution des quantités de concentré distribuées", déclare le président.
Des prix très volatils
Les fabricants doivent faire face à une forte volatilité des prix des matières premières. Les marchés des céréales ne sont pas stabilisés et évoluent en fonction des éléments climatiques. Si en France et dans l'hémisphère nord, les cultures sont conformes aux prévisions, les tonnages seront sans doute en légère baisse par rapport à 2008. L'incertitude continue à planer en Argentine et en Australie.
La volatilité des prix, on la constate aussi en protéines. "Baisse des stocks de soja aux USA, baisse de production en Argentine, on peut craindre des tensions à la hausse", estime H. Vasseur. Des variations de cotation de plus de 20 euros/t. ont été enregistrées en deux semaines pour du soja 48. En bovin, le tourteau de colza peut remplacer avantageusement le soja, mais celui-ci reste incontournable en porc et volaille.
Soutien financier des éleveurs
Au niveau des achats de matières premières, il est également difficile d'anticiper compte de l'évolution de la parité euro-dollar. "Nous devons optimiser chacun de nos métiers pour minimiser le coût de fabrication et proposer aux éleveurs les meilleurs prix", déclare le président des fabricants. "Nous le faisons d'abord en lissant l'impact des évolutions des coûts de matières premières. La croissance du prix de l'aliment a été modérée par rapport à celle des matières premières".
Le soutien financier est également un volet important. Le délai de paiement est passé à 35- 40 jours au lieu de 15 jours. Il faut y ajouter les aides diverses octroyées aux producteurs par les groupements, si bien que le délai moyen est équivalent à 90 jours.
L'Afab lance un appel aux banques et aux pouvoirs publics pour sauver la filière porcine, en adaptant le financement bancaire à la variabilité des besoins et en ayant plus de transparence sur le financement des élevages. Elle propose de mettre en place un baromètre mensuel et prospectif sur l'évolution de la situation financière des éleveurs.
L'optimisation logistique
L'optimisation logistique est un vaste chantier. "Nous avons sensiblement réduit le transport routier en optimisant les transports par fer et mer. Nous avons en moyenne 300 000 rotations de camion par an dont plus de la moitié (170 000) se font dans un rayon de moins de 50 km" précise Hervé Vasseur. "Seul, un camion sur 6 effectue des transports sur des distances supérieures à 250 km. Des efforts peuvent encore être faits".
Selon les fabricants d'aliment, la charge utile des camions doit également évoluer. Le passage à 44 t de charge utile, pour les destinations post-acheminement (par exemple port–usine) permettrait de réduire de 19 % le nombre de rotations de camions et de 33 % le nombre de kilomètres. Enfin, les dérogations de circulation, durant le week-end, doivent être mieux organisées.
Patrick Bégos
Réintroduire les graisses animales
Les fabricants répondent aux attentes des consommateurs sur les filières non-OGM, malgré le coût supplémentaire que cela entraîne (de l'ordre de 10 à 20 ct/kg de viande blanche). Parallèlement, les diverses filières animales souhaitent la réintroduction des graisses animales pour optimiser les formules dans un contexte de prix élevés.