
Regroupant les éleveurs, les abatteurs et les points de vente acteurs de la filière Label Rouge Limousine, le GIE Proralim a opté pour un passage en douceur vers le non-OGM sur le premier semestre 2009. "Depuis le début de l'année, plus de la moitié des animaux livrés par les producteurs du GIE étaient certifiés en alimentation sans OGM", a déclaré Joseph Collet, éleveur à Loudéac et président du GIE, lors de l'assemblée générale le 8 juin à Pontivy.
Pour accélérer la transition, les membres du groupement ont décidé d'opérer une moins-value de 25 centimes d'euro/kg sur le prix payé aux "non-tracés OGM" et de privilégier les élevages tracés. A noter que la viande Label Rouge reçoit une plus-value allant de 20 à 60 centimes d'euro/kg par rapport au conventionnel.
Question du maintien des tonnages
Certain que la filière a pris "le bon virage", le président évoque toutefois les difficultés possibles de maintien des tonnages labellisés. "Certains producteurs livrant peu d'animaux se posent des questions, car tout le troupeau doit être passé en non-OGM et cela engendre souvent un surcoût". D'un autre côté, le passage en non-OGM pourrait permettre de fidéliser les producteurs à la démarche de filière. Actuellement, 45% des 309 éleveurs livrent 83% des animaux.
Autre problème, les disponibilités en aliments pourraient être un facteur limitant. "La production d'aliments tracés non OGM n'est pas simple, notamment par rapport à l'utilisation du soja. Et si le soja est remplacé par du colza, il faudra trouver de nouveaux équilibres de rations", évoquent des représentants d'organisations de producteurs. Pour réduire les coûts, il faut que les vendeurs d'aliments mettent au point des aliments-types.
Pour Pierre Le Dru, boucher à Vannes et vice-président du GIE Proralim, "il était important de se lancer : la réflexion a été entamée en 1996. Les consommateurs croyaient que les animaux Blason Prestige étaient élevés sans OGM, ce qui était le cas pour une partie". Désormais, les bouchers pourront le certifier. Le contrôle de cette garantie non-OGM va être réalisé par les organismes certificateurs Certilim et Qualisud. L'orientation prise par les Bretons fait des émules : le Label national va passer en non-OGM sur trois ans. En race Blonde d'Aquitaine et Charolaise, la réflexion est engagée.
Agnès Cussonneau
Légende : Joseph Collet, président du GIE, est certain que la filière a pris "le bon virage".
Une valorisation stable
En 2008, les approvisionnements du GIE extérieurs à la Bretagne se sont légèrement réduits, représentant 33% des animaux. Le nombre d'animaux labellisés est passé de 3 066 en 2007 à 3 000 en 2008. La valorisation reste également stable : 1 552 euros de prix moyen par animal. Les tonnages commercialisés par les abatteurs connaissent par contre une baisse régulière : 18% depuis 2004.