
Pour la FDSEA et les Jeunes agriculteurs du Finistère, « le prix du lait annoncé pour l’année 2009 est un accord de dupes ». Et les syndicats d’expliquer que si l’annonce faite le 3 juin dernier « laisse croire que tous les producteurs seront payés 280 euros/1 000 litres, ce prix ne concerne en fait que 25 % des producteurs ». Et d’ajouter : « Les autres toucheront un prix moyen de 260 euros/1 000 litres sur l’année ».
Perte de 1 500 à 1 900 euros/mois
Les syndicats calculent que la perte pour un producteur de lait finistérien est estimée entre 1 500 et 1 900 euros/mois. Avant de dénoncer le fait, « qu’une fois de plus », les producteurs seront la variable d’ajustement. « Les premiers à en profiter seront les centrales d’achat qui exigeront une diminution des prix de vente des produits laitiers ».
Pour la FDSEA et les JA, la loi de modernisation de l’économie (LME) « donne un pouvoir de négociation encore plus grand. Mais soyons sans illusion sur sa suppression », s’accordent-ils.
D’autre part, les responsables syndicaux finistériens regrettent que « l’observatoire des marges, mis en place en décembre 2008, ne fonctionne pas. Si les prix de revient et de vente de la production sont transparents, c’est loin d’être le cas pour les prix de cession des industriels aux distributeurs et les taux de marge appliqués par les distributeurs », disent-ils.
Appel au pouvoir politique
Dans ce contexte, les syndicats demandent que « le pouvoir politique reprenne ses droits ». Et d’en appeler au Secrétaire d’État chargé de l’Industrie et de la Consommation pour ordonner à la DGCCRF de mobiliser ses agents sur tout le territoire afin de procéder à des enquêtes dans les magasins, les plateformes, « pour conduire une opération vérité des marges ».
Les responsables syndicaux réclament également « un encadrement des marges qui permette à chaque maillon de la filière agroalimentaire de mener son activité économique, de créer de la richesse et de l’emploi réel ». Et de conclure que « l’objectif des relations commerciales n’est pas de permettre aux actionnaires du Cac 40 de s’enrichir ».
Photo : Dès dimanche soir, les agriculteurs ont bloqué la plateforme frais de la Scarmor (groupe Leclerc) au Relecq-Kerhuon.