
L’évolution de la démographie agricole a conduit il y a déjà plusieurs années la définition d’un plan stratégique national de regroupement des caisses. « L’objectif est d’arriver à 35 caisses à l’horizon 2010 contre 80 au moment de la mise en route de ce plan », explique Philippe Meyer, directeur général. Pour la Bretagne, les 4 caisses se regroupent deux par deux, l’Ille et Vilaine et le Morbihan d’un côté et les Côtes d’Armor et le Finistère de l’autre.
Service garanti
Le processus est d’ailleurs enclenché depuis plusieurs mois. En juillet 2006 a notamment été décidée la création de la Fédération d’Armorique. Une décision formalisée lors de l’assemblée générale constitutive de la Fédération d’Armorique rassemblant les deux conseils d’administration. Et au 1er janvier 2008, cette fédération est devenue l’employeur unique des salariés des deux caisses. C’est ainsi qu’a débuté le travail de rapprochement des différents services ainsi que l’harmonisation progressive des politiques d’action sanitaire et sociale, de gestion…
Les dirigeants de la MSA se veulent rassurants quant aux conséquences pour les ressortissants. Marie-Louise Hellequin, précise : « Le but est que la fusion soit transparente et permette d’améliorer le service ». Les craintes sur un éventuel éloignement du service sont également écartées : « Nous maintenons les deux sites de Saint-Brieuc et de Landerneau, ainsi que les centres de proximité. Par ailleurs chaque département sera doté d’un comité qui rassemblera les administrateurs élus au conseil de la MSA d’Armorique et des délégués de terrain ». La priorité affirmée est de garantir l’animation du réseau.
Election début 2010
Du côté salarial, ce regroupement fait de la MSA d’Armorique la 1ère MSA de France avec aujourd’hui 700 salariés. Et conduit à des évolutions au niveau du management des services et de la spécialisation des sites dans certains domaines. « Pas de mutation forcée mais des formations d’accompagnement au changement pour ceux qui doivent évoluer dans leur métier », précise Philippe Meyer.
Le syndicat des salariés CGT a manifesté son hostilité à la dissolution et à la fusion. Dénonçant notamment la réduction des effectifs annoncés. Philippe Meyer reconnaît que l’objectif est d’arriver à 650 salariés fin 2010, mais réfute le fait que cette diminution soit le fait de la fusion, même si elle le facilite. « Cette réduction d’effectifs est déjà engagée depuis plusieurs années et s’inscrit dans une démarche de rationalisation des coûts alors que la population des ressortissants du régime agricole tend à diminuer de 1 à 3 % par an ».
La dernière étape va se concrétiser en début 2010, à l’occasion du renouvellement de tous les délégués cantonaux pour les 3 collèges (exploitants, salariés et employeurs). L’ensemble des 800 délégués élus sur les deux départements élira courant mars un conseil d’administration unique qui dirigera la nouvelle MSA d’Armorique à compter du 1er avril 2010.
Pierre Dénès
Photo : De gauche à droite : Philippe Meyer, directeur général, Marie-Louise Hellequin, présidente de la MSA 22 et Josiane Torchard, vice-présidente.
MSA d’Armorique en bref :
- 700 salariés,
- 278 000 individus protégés dont 160 000 dans le cadre de l’assurance maladie,
- Plus de 86 000 actifs,
- 22 000 familles non salariés,
- Près de 132 000 retraités,
- 61799 salariés agricoles (32 981 ETP),
- 1 milliard d’euros de prestations dont 619 millions de prestation retraites, 267 millions de prestations maladie, 95 millions de prestations familiale et 20 millions de prestations accidents du travail.