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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°9586 |
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Porc / Élevages porcins de demain - 3 modèles d’élevage pour l’avenir
 

La production porcine française est à un tournant décisif. Sa croissance est arrêtée sur tout le territoire, la restructuration des élevages est freinée par des difficultés réglementaires et financières. Définir des modèles d'élevage porcin pour demain, non pas comme un futur obligé, mais comme avenir vers lequel tendre, constitue à la fois un moyen d'identifier clairement les problèmes à résoudre, l'occasion de formuler des solutions cohérentes, un objet de débat avec la société et une ambition mobilisatrice..


Cahier des charges


Les élevages de l'avenir devront répondre à ces obligations de base que sont l'optimisation des performances, rendant les coûts compatibles avec le prix de vente imposé par le marché et le respect de l'environnement naturel. La réglementation environnementale a conduit à la stagnation de la production ; l'obligation de loger les truies gestantes en groupe pourrait accélérer les évolutions (arrêt ou mutualisation de l'élevage des truies). Les élevages d'avenir devront aussi répondre aux souhaits des éleveurs en terme de qualité de vie et conditions de travail.


250- 300 truies


En élevage de porc, le travail est une contrainte forte, économique (deuxième poste de coût) et sociale (attentes des éleveurs, pénurie de main-d'œuvre). La volonté d'optimiser le temps de travail et de le concentrer sur les tâches techniques a déjà conduit à plusieurs évolutions importantes qui se poursuivront (robotisation). Par ailleurs, pour disposer de temps libre, les éleveurs ne souhaitent plus travailler seuls sur l'élevage. Cette demande détermine la taille minimale de l'élevage d'avenir, 250-300 truies pour un naisseur-engraisseur, permettant le travail d'au moins deux personnes.


Des bâtiments sophistiqués


Une taille d'élevage plus grande permet d'accéder à des technologies ou à une organisation autorisant une meilleure efficacité de la main-d'œuvre. Des économies d'échelle existent aussi sur le travail administratif et la logistique. Le naissage-engraissement (NE) reste la référence pour sa maîtrise technique et sanitaire et sa solidité économique et financière. Les NE qui font élever des porcs à façon par manque de place d'engraissement « rapatrient » ces places d'intégration sur leur propre site. Le « multisite » perdurera tant que la croissance reposera sur le rachat d'autres sites. Enfin, les bâtiments et équipements seront sophistiqués pour optimiser les performances et minimiser l'impact sur l'environnement.


Trois logiques


Trois archétypes d'élevage d'avenir ont été identifiés qui répondent à trois grandes logiques dominantes. Leur poids varie entre régions selon le foncier disponible, les caractéristiques des exploitations et le profil des éleveurs. Ils visent à assurer une production de porcs « standards », d'un niveau qualitatif satisfaisant les attentes du marché. À leurs côtés, perdureront d'autres types d'élevages pour d'autres logiques : production sous signe de qualité, atelier d'engraissement complémentaire à une production laitière... Les gains importants de productivité atteints dans ces élevages d'avenir pour les truies (+ 20 à 30%), l'aliment (+ 10%) et le travail (+ 25%) permettront d'obtenir des coûts de revient compatibles avec la situation concurrentielle imposée par le marché du porc, malgré des charges de structure élevées.

Source : Christine Roguet , Ifip.






Trois modèles pour trois logiques


Valoriser la complémentarité entre le porc et les cultures
Elevage NE de 250-300 truies, avec 100-200 ha de foncier, un site.
Modèle plébiscité dans toutes les régions. Dimensions humaine permettant au chef d'exploitation la maîtrise intégrale de la gestion technico-économique de son entreprise, l'emploi d'un salarié à temps plein et une qualité de vie (travail diversifié, temps libre).
Autonomie pour l'épandage des déjections et l'alimentation des porcs et sécurité face à l'évolution des prix de l'aliment et de la réglementation environnementale.
Image de la production porcine améliorée par le lien au sol.

Accéder à des économies d'échelle et à une productivité élevée du travail salarié
Grande structure NE, spécialisée, de 500 à 1000 truies, un ou plusieurs sites.
Modèle non envisagé dans certaines régions.
Taille variable selon les régions :
• Pays de la Loire et Aquitaine : 500 truies environ avec plan d'épandage.
• Bretagne : minimum 450 truies pour amortir la station de traitement.
• Optimum : 500-600 truies pour la logistique et la gestion de la main-d'œuvre.

Externaliser le naissage
Maternité collective, 800 à 1200 truies, épandage des déjections.
Société de production de porcelets pour le compte de ses associés qui les engraissent sur leur propre exploitation.
Taille liée aux besoins en porcelets des associés, à la gestion des salariés et au seuil d'obligation de traitement des déjections en Bretagne.



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Date de l'article : semaine du N° du 12 au 18 Juin 2009
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