
Mardi soir, une cinquantaine de producteurs de lait de l'UDSEA du Finistère ont participé à un rassemblement devant la préfecture de Quimper. « C'est symboliquement qu'ils se sont vêtus de noir », explique Vincent Pennober, responsable lait, indiquant que l’opération doit être reconduite tous les mardis soir du mois de juin. Et d’ajouter : « Mardi, nous avons rencontré le secrétaire général de la préfecture et le directeur de l’agriculture. Mardi prochain, nous invitons des représentants de la FNPL et de la FNCL ».
Au travers cette démarche, le syndicat entend dénoncer « la mort annoncée de l’agriculture paysanne ». Et V. Pennober d’expliquer que « la crise laitière actuelle va faire partir des agriculteurs à la tête de systèmes très viables mais qui seront découragés de ne plus gagner leur vie ».
Cette action avait également pour objectif d’alerter l’opinion publique sur « les dégâts sociaux » que va entraîner la baisse du prix du lait. « Le contexte actuel conduit à nous inquiéter pour l’avenir de nos enfants qui ne trouveront plus de travail au pays ».
« Aberration économique »
Cette « manifestation pacifique » se donne également pour mission de pointer du doigt « la contractualisation forcée ». Et Vincent Pennober d’ajouter « qu’il n’est pas possible de faire confiance aux industriels qui ont tout intérêt à ce que les exploitations s’agrandissent ».
Cette mobilisation est également l’occasion pour le syndicat minoritaire d’affronter la majorité en place. « La CDOA vient d’acter + 20 000 litres de lait par associé dans le PAD. Déjà qu’on était le département le plus élevé de Bretagne », s’insurge le responsable lait avant de regretter que « le Finistère ouvre les vannes à fond. Voter cette rallonge, c’est clairement voter pour la restructuration. Or, à l’échelle des exploitations, c’est une aberration économique. À titre d’exemple, la robotisation c’est déjà près de 100 €/1 000 l de charges supplémentaires. »
D. Le Du
Photo : Vincent Pennober, responsable lait de l’UDSEA.