
Avec 1,47 million de lapins vendus en 2008, le Syprolap a réduit son volume commercialisé de 11 % par rapport à l'année 2007. C'est plus que les 5 % de baisse de production prévus dans le cadre interprofessionnel. Cette baisse de volume est aussi liée à des cessations d'activité d'élevages trop petits ou pas assez rentables. Malgré ces efforts, il y a encore trop de lapins, comme l'ont montré les représentants des deux abattoirs (SNV-LDC et Bretagne-Lapins).
Des relations durables
"Le plus frustrant, c'est le manque de perspectives, à tel point que certains éleveurs se demandent à quel prix ils vont être payés et surtout si on va continuer à ramasser leurs lapins", déclare Philippe Raison, président du Syprolap. 80 % des lapins du groupement sont abattus chez SNV-LDC. À l'avenir, des relations plus étroites pourraient se nouer avec cet abattoir. "Nous souhaitons construire des relations durables avec un minimum de partenaires" a déclaré Stéphane Barbry, de SNV.
"En ce printemps 2009, l'offre reste encore trop élevée", souligne Eric Guillermic, animateur du groupement. "Concurrencées par d'autres viandes, les barquettes de lapins, peu visibles dans les linéaires, sont insuffisamment achetées par les consommateurs". Le partenariat plus étroit avec SNV devrait permettre de mieux ajuster l'offre. Dans les élevages, des sauts de bande sont encore prévus cette année. C'est le seul moyen de réduire l'offre à certaines périodes de l'année.
Soutenir les éleveurs
L'une des priorités du Syprolap est de soutenir la trésorerie de ses éleveurs, dans cette période difficile économiquement et moralement. "La solidarité entre nous et l'implication de chacun dans la maîtrise des volumes nous permettront de tenir", déclare le président.
L'autre axe de travail consiste à faire progresser les résultats techniques en maintenant le coût de production le plus bas possible. Il existe des leviers pour diminuer le prix de revient et pérenniser les élevages. "La production moyenne par IA est de 15,4 kg en 2008", précise Gaël Le Houédec, de Sanders Ouest. "Les 25 % meilleurs sont à 17,4 kg soit 13 % de plus". Produire 1,5 kg de plus par IA a une incidence sur le prix de revient de 2,5 ct par kg vif.
Séduire les consommateurs
Adapter l'offre à la demande, c'est aussi ne négliger aucun débouché et être novateur dans les circuits de commercialisation. "Même si la consommation est plutôt baissière, il reste un potentiel de consommateurs à séduire", déclare Philippe Raison. Les animations magasins montrent que le lapin a une bonne image et les éleveurs sont bien décidés à prolonger ces contacts directs avec les consommateurs.
Patrick Bégos
Photo : De gauche à droite : Philippe Raison, président du Syprolap, Eric Guillermic, animateur et Gaël Le Houédec, de Sanders Ouest.
Maîtriser et rationaliser
La taille moyenne se situe à 395 cages-mères par élevage. La volonté de mieux maîtriser l'aspect sanitaire et de rationaliser les conditions de travail se traduit par l'adoption de la bande unique ou 1 âge par salle dans 95 % des élevages. 96 % utilisent l'insémination artificielle, 80 % ont des bâtiments en concept Duo. 8 éleveurs sur 10 ont une démarche qualité.