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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°9561 |
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Economie / Crise des filières laitières et porcines - La remontée des prix est impérative
 

Avec la chute du prix du lait et les pertes accumulées en porc depuis 2 ans, ce sont les deux piliers de l'agriculture bretonne qui traversent une crise sans précédent. Les conséquences sont lourdes, comme l'ont montré les présidents des Chambres d'agriculture aux élus bretons, à Loudéac.
"Nous avons besoin d'outils de régulation, car la volatilité des prix est ingérable pour les éleveurs. L'agriculture, l'agro-alimentaire, souffrent et l'emploi breton pourrait en pâtir", a répété Jacques Jaouen, président de la Chambre régionale d'agriculture.


Un cocktail explosif


En lait, après la flambée des prix de 2007 qui a incité à produire, la conjoncture s'est dégradée avec le retour de certains opérateurs (la Nouvelle-Zélande), une offre européenne importante, une parité euro-dollar défavorable. L'Union européenne a perdu en compétitivité à l'export et la crise économique a fait baisser la consommation de produits laitiers, déséquilibrant encore plus le rapport offre-demande. Tous ces éléments ont provoqué un cocktail explosif qui explique la perte de marchés et la chute des prix. 
En porc, la production a repris en 2007, avec un prix bas et un volume en hausse. En 2008, le secteur a été frappé par une crise atypique, avec un prix très bas et des coûts de production élevés (aliment). Les restitutions du printemps 2008 ont permis une amélioration, elles ont été rapidement suspendues. Ces dernières semaines, la crise économique mondiale a rompu cet équilibre fragile, avec des problèmes de couverture des risques de non-paiement, des dévaluations monétaires et une réduction de la demande. Tous les effets positifs de la baisse de la production européenne ont été anéantis.
La volatilité accrue des prix de vente et des intrants et la fluctuation des parités monétaires font apparaître clairement les deux problèmes à gérer : la régulation des marchés et le dialogue au sein de la filière pour une meilleure répartition des marges.


Des outils de régulation


"Le démantèlement des outils de régulation des marchés est l'une des causes de la crise laitière", comme l'ont souligné de nombreux élus. Les marchés agricoles ne peuvent pas être gérés comme les marchés industriels, ils doivent être régulés. S'il doit y avoir rétention sur les volumes, le mécanisme doit être européen. Il faut soutenir les prix beurre-poudre pour arrêter la spirale à la baisse et faire respecter l'étiquetage sur les produits laitiers.


L’observatoire des marges


"On a trop misé sur les prix bas et les producteurs luttent à armes inégales contre les grandes surfaces", ont insisté plusieurs élus. Des dispositifs doivent être mis en place pour donner des perspectives à moyen et long terme. Comme, par exemple, le fameux observatoire des marges qui tarde tant à se mettre en place. Des solutions sont à trouver rapidement en matière de répartition des marges entre les maillons de la filière. "Le discours sur le pouvoir d'achat ne doit pas se faire sur le dos des agriculteurs".
Pour Michel Bloch, président de l'UGPVB, "la filière porcine a besoin d'une assurance-crédit qui fonctionne au niveau européen pour éviter le blocage des exportations vers certains pays comme la Grèce ou la Pologne". Ainsi qu'un dispositif pour limiter les distorsions de concurrence au niveau social entre les abattoirs allemands et français. 
"La poursuite des crises pourrait faire disparaître un quart des élevages bretons, dont la situation financière est difficile", résume Jacques Jaouen. "Si on veut garder des hommes sur le territoire, il faut tout mettre en œuvre pour que les prix remontent". 

Patrick Bégos


 


Photo : Les présidents de Chambres d'agriculture ont informé les élus bretons des conséquences des crises, en présence des responsables de filière.

 






 Des incidences énormes sur les exploitations

Le service économique de la Chambre régionale a calculé les incidences des conjonctures sur l'exploitation laitière moyenne (1,6 UTH, 326 000 L de lait, 48 vaches et 65 ha) : fin 2007, avec un prix de base de 285 e/ 1000 L, le revenu se situait à 20 900 e/UTH. Fin 2008, il est monté à 27 100 e/UTH avec un prix de base de 337 e. En prenant 270 e de prix moyen 2009, le revenu retomberait à 12 000 e/UTH. Des chiffres inacceptables, compte tenu des astreintes spécifiques du métier. Le point d'équilibre permettant de faire face aux annuités et prélèvements privés se situerait à 330 e/1 000 L.
L'exploitation moyenne porcine (2,25 UTH, 52 ha et 195 truies) a subi 100 000 e de perte depuis 2 ans, voire le double pour les moins bons. Le différentiel entre le prix de revient et le prix payé au producteur est de 12 à 13 ct par kg. Le taux moyen d'endettement a grimpé à 81 % fin 2008. Pour un élevage sur 4, il est supérieur à 100 %.



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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 11 Juin 2009
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