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Morbihan (56)
Technique / L'expérimentation au service du maraîcher bio - La station d'Auray dévoile ses programmes
 

Si les effets de la mycorhization sur la culture de poireaux donne de bons résultats, elle pourrait être rapidement vulgarisée chez les maraîchers". Un petit champignon, qui, en symbiose avec le système racinaire du légume, permettrait d'éviter le stress hydrique, de faciliter l'absorption des nutriments et de mieux résister aux maladies: l'enjeu est de taille pour les maraîchers bio mais aussi pour les conventionnels. Chef de culture à la station expérimentale d'Auray, Caroline Cocoual présentait les essais lors de la porte ouverte aux producteurs et aux futurs stagiaires de formation, jeudi dernier. Des essais variés avec des conséquences à court terme pour la filière. "Nous procédons à des essais variétaux sur la tomate Cœur de bœuf. Trop de variétés sont vendues sous cette appellation. Les critères de classification ne sont plus respectés. Les producteurs, les distributeurs et les consommateurs ont du mal à s'y retrouver". Sur les douze variétés testées en 2008, cinq seulement ont été reconduites en 2009. Une sélection qui permettra, au final, de recommander les variétés les plus adaptées. "Des tests gustatifs sont également réalisés", précise la spécialiste qui a bénéficié d'une formation à l'analyse sensorielle et est habilitée à effectuer des tests "consommateurs". Des essais similaires sur le melon doivent déboucher sur des préconisations variétales. "Nous comparons des variétés de melon destinées à un circuit commercial court et adaptées à notre contexte pédo-climatique".


Paillage végétal


Les tests se poursuivent sur l'amélioration de la conduite culturale du framboisier hors-sol en pépinière et en phase de production. "La réduction du volume des pots est, par exemple, étudiée afin de baisser les coûts de production". La lutte anti-fongique est l'une des préoccupations majeures. Certaines huiles, extraites de nouvelles espèces végétales, semblent prometteuses. Autre cheval de bataille de la station: le paillage par copeaux de bois vert (jeunes ligneux) pour éviter les mauvaises herbes, conserver l'humidité et apporter de l'azote au sol. Les essais sont en cours depuis deux ans, sous tunnels et en plein champ. La biodégradabilité des matériaux à destination agricole (films, ficelles, clips) est également à l'étude. Les chantiers ne manquent pas. Ces expérimentations bénéficieront également, à terme, au maraîchage conventionnel.

Bernard Laurent


Photo : Caroline Cocoual, chef de culture, présente des essais de lutte intégrée (lâcher d'auxilliaires) sur culture d'aubergines





Une demande exponentielle pour suivre la formation bio


Avant l'ouverture de la formation en maraîchage bio, il y avait une petite dizaine de candidats au BPREA (en conventionnel). Aujourd'hui, il y a une trentaine de candidats par session", déclare Gérard Messé, formateur à Kerplouz. Les profils des candidats sont variés. Du CAP au Bac + 5, avec ou sans expérience professionnelle, ils passent au crible de la sélection. "Les projets d'installation, leur viabilité et la motivation des candidats sont évalués par des maraîchers professionnels". N'entre pas qui veut. Solène et Alan Collas, d'Arzano, souhaitent suivre la prochaine session de formation. Lassés de faire des petits boulots malgré un BTS en secrétariat pour l'une et une formation en chaudronnerie pour l'autre, ils se sont décidés à s'installer en maraîchage bio. "Nos parents ont les trois hectares nécessaires à l'activité. Nous voulons faire de la vente directe. En bio parce que c'est l'avenir". Sans aucune expérience agricole, ils souhaitent suivre la formation pour "savoir s'organiser". 40% des 92 stagiaires formés au maraîchage bio depuis 2003 ont quitté le secteur d'activité. 40% sont installés et 20% sont salariés.



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Date de l'article : semaine du N° du 29 Mai au 4 Juin 2009
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Ferme laitière de Trévarez à Saint-Goazec (29) / Agriculteur : un métier qui intéresse la société





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