
Chantal Bourveau avoue avoir eu quelques appréhensions pour sa première bande de truies. Il faut dire que rentrer 45 truies alignées dos à dos dans une salle de maternité tout en longueur peut susciter quelques craintes légitimes. Finalement, ça s’est passé comme sur des roulettes. Les semaines suivantes, le renouvellement des opérations a montré que la conception du bâtiment est adaptée à la circulation naturelle des animaux.
Deux truies au mètre
En fait, la nouvelle maternité a été pensée pour bien répondre à cette recherche d’efficacité souhaitée par Chantal et Xavier Bourveau, et leur fils, Mathieu, à la tête d’un élevage de 1 000 truies naisseur-engraisseur (sur 2 sites). Tout a été pesé pour faciliter le travail et gagner du temps. Et pour optimiser l’outil sur le plan économique. « Avec des truies nez au mur et couloir central, la surface au sol est réduite », note Xavier Bourveau, avant de souligner que la disposition des animaux permet de visualiser 45 truies en parcourant seulement 25 m.
« Le couloir central de circulation est en caillebotis plein », montre encore Xavier Bourveau. « Les truies ne s’arrêtent pas par peur du vide. Nous l’avons remarqué : elles filent droit ». Autre avantage du sol plein : les outils ne disparaissent pas dans la fosse. Sans compter que tout a été mis en œuvre pour réduire le bruit (fixation des plaques).
Avec un troupeau conduit à la semaine, les bandes se succèdent rapidement dans les salles : les truies sortent le matin et la bande suivante est rentrée l’après-midi. « Avec une porte à chaque bout du couloir, plusieurs opérations peuvent être menées de front sans se gêner : sortie des truies, sortie des porcelets, rangement du matériel, etc. ».
Faire simple et pratique
Les 48 stalles par salle ont également été agencées dans cet esprit de rationalisation du travail. « Les auges en fonte sont faites pour durer. Nous en avons depuis 15 ans, et nous n’en avons jamais changé une seule », indique l’éleveur, faisant remarquer la faible profondeur de l’auge. « Ce qui permet de surveiller le niveau de consommation directement du couloir. Avec cette précaution que cette faible profondeur nécessite d’adapter la pression pour la distribution de la soupe ».
Dans cette nouvelle maternité, pas de tuyauterie ou de câbles qui pendouillent au-dessus de la tête des intervenants. Toutes les alimentations électriques et en eau sont fixées au mur.
L’alimentation des abreuvoirs à porcelets est connectée à un réseau fixe de tuyaux rigides. Des systèmes de branchement rapide, avec longueur standard des tuyaux, permettent, le cas échéant, de procéder à des réparations facilement.
Même recherche de simplicité au niveau des lampes chauffantes. Accrochées à un câble porteur, 24 lampes peuvent être relevées simultanément. « Si l’on considère qu’il faut 1 minute pour remonter une lampe individuelle, nous gagnons plus de 40 minutes par salle avec ce système ».
25 000 porcs pour 8 ETP
Sans passer en revue tous les dispositifs, les éleveurs soulignent leur volonté « d’automatiser au maximum les tâches ». Comme les fosses dont la conception a été adaptée au robot de lavage utilisé sur l’élevage depuis 2004. « Avec une maternité de 6 m de large, le robot fait du bon travail. Au-delà, le résultat n’est pas aussi bon ».
Bref, rien ne semble avoir été laissé au hasard dans cette maternité qui est revenue à 2 630 e/place tout compris. Un coût à comparer aux moyennes de 3 000 et 3 500 e/place souvent rencontrées aujourd’hui. Et les éleveurs d’analyser : « Notre objectif est de vendre 25 000 porcs par an avec 8 équivalents temps plein (Faf + cultures + station de traitement compris) ». Avant de conclure : « Si l’on veut optimiser le volume de production, il est indispensable de rationaliser le travail ».
Didier Le Du
Photo : Avec Chantal, Xavier et Mathieu Bourveau, gèrent la SARL La Vallée, élevage naisseur-engraisseur adhérent au groupement Porfimad.