
La France compte 70 entreprises pour une centaine de couvoirs. La grosse majorité (76 %) du parc de bâtiments de multiplication se trouve dans l'Ouest. La Bretagne regroupe à elle seule 56 % du parc français de poulaillers "repro". Cette filière est très orientée vers l'exportation : sous forme d'œufs à couver, de poussins d'un jour ou après élevage. Une journée technique, organisée par l'Itavi, en collaboration avec le SNA, a rassemblé plus d'une centaine d'intervenants de cette filière.
La maîtrise des salmonelles
L'un des points forts de cette filière c'est son excellence sanitaire. "La France a beaucoup avancé dans la maîtrise des salmonelles. C'est sans doute le pays qui a fait le plus en Europe", souligne Jean-Claude Amice, président du SNA (Syndicat national des accouveurs). L'objectif de la filière accouvage est de maintenir l'acquis sanitaire en poulets, en partenariat avec les autorités publiques, tout en ayant un minimum de souplesse dans l'éventail des moyens. Il faut ensuite étendre cette expérience aux autres productions par les chartes et les guides de bonnes pratiques.
La Charte sanitaire du SNA date de 1997, elle est aujourd'hui largement reconnue. "Elle progresse en fonction des besoins et des évolutions techniques. Une commission a travaillé sur le guide des bonnes pratiques en incluant les préconisations de la profession", explique Jean Champagne de l'Itavi.
Le guide des bonnes pratiques
Les bonnes pratiques concernent les règles d'hygiène à respecter de façon à garantir les bonnes conditions de sécurité sanitaire : la protection de l'élevage, son aménagement, la maîtrise des approvisionnements, des règles de biosécurité, le registre d'élevage… "Le principal danger concerne les salmonelles. Il faut également être vigilant aux dangers chimiques, tels que les résidus de produits de nettoyage, de traitement de l'eau, de protection contre les nuisibles…". Le guide des bonnes pratiques a été transmis à la DGAL et sera soumis à l'expertise de l'Afssa, avant d'être publié au Journal Officiel, d'ici plusieurs mois.
La collaboration avec les autorités françaises et celles des Pays tiers a aussi pour but d'obtenir des conditions d'exportation plus favorables dans le futur, par exemple en cas de foyer d'influenza aviaire en France. Un établissement, situé dans une zone non-contaminée, pourrait ainsi continuer à exporter, grâce à une maîtrise et une tracabilité des flux.
Patrick Bégos
Photo : De gauche à droite, Jean-Claude Amice, président du Syndicat national des accouveurs et Jean Champagne, de l'Itavi.