
Les ventes d'animaux réalisées par Bergerie de Bretagne, en 2008, (19 300) sont quasiment stables par rapport à 2007, mis à part les ventes de reproducteurs car les éleveurs produisent de plus en plus leurs agnelles, notamment en race Romane. Globalement, le nombre d'agneaux certifiés augmente. Plus de 8 200 agneaux ont été certifiés ANR, soit 70 % des agneaux vendus à SVA Vitré. Ce taux progresse chaque année, montrant les efforts faits par les éleveurs dans l'amélioration de la qualité.
Renouveler les éleveurs
Le renouvellement des éleveurs demeure le principal souci des responsables du groupement. "On observe une augmentation constante de l'âge moyen des adhérents et la difficulté d'installer des jeunes en production ovine", souligne Yannick Le Gargasson, président de Bergerie de Bretagne. Ils sont souvent confrontés au coût et au manque de disponibilité du foncier avec parfois la concurrence d'autres agriculteurs.
Sur le terrain, le groupement doit faire face à une progression du coût du transport, lié à une dissémination des élevages dans la région. Deux groupements ovins existent en Bretagne. Pourquoi ne pas réunir les forces et les moyens ? Le sujet est débattu depuis quelques années, sans aboutir.
Présenter un projet
"Nous réalisons une étude financière et un budget prévisionnel sur 3 ans pour voir les économies possibles. Notre objectif est de présenter un projet sur lequel les éleveurs pourront ensuite se prononcer", déclare Yannick Le Gargasson. Franck Mérel, président d'Ovi-Ouest était présent à l'assemblée. Il a rappelé l'intérêt du rapprochement des deux groupements "pour dynamiser la filière ovine bretonne". La création d'une Sica incluant les groupements et l'abattoir aurait l'avantage d'apporter de la souplesse. "Regardons vers l'avenir", propose F. Mérel.
Au niveau mondial, la filière ovine a quelques difficultés. "La Nouvelle-Zélande et l'Australie ont beaucoup réduit leurs troupeaux, et s'orientent vers la production laitière", précise Coralie Chaumeny, animatrice du groupement. "Dans l'Union européenne, la France est le troisième pays producteur après le Royaume-Uni et l'Espagne. Mais, en 7 ans, le troupeau français a perdu 14 % de ses brebis allaitantes". Entre 2007 et 2008, on observe un nouveau recul des abattages de 6 %, lié à la diminution du nombre d'agneaux et du poids moyen.
La France est le deuxième pays européen consommateur de viande ovine et caprine avec 250 000 t., soit 4 kg par personne. 68 % des consommateurs ont plus de 50 ans. Sept français sur 10 aiment la viande d'agneau, mais, 36 % d'entre eux estiment qu'elle est trop longue à préparer. Un site dédié à l'agneau (agneaupresto.com) donne des recettes rapides pour les jeunes. Une opportunité pour relancer la consommation.
Patrick Bégos
Photo : Yannick Le Gargasson, président de Bergerie de Bretagne et Coralie Chaumeny, animatrice.
Des aides pour la filière ovine
Les aides octroyées au secteur ovin comprennent, pour 2009, une aide d'urgence d'environ 5 à 6 euros par brebis (en cours de paiement) et une revalorisation des DPU ovins viande de 5 à 6 euros/brebis, payable en fin d'année. À partir de 2010, les DPU ovins seraient revalorisés de 6 euros/brebis et une prime de 21 euros/brebis remplacerait l'ancienne prime de 10,50 euros. Il faut y rajouter les DPU herbe (75 euros/ha) avec une dégressivité après 50 ha et en fonction du chargement. Quel sera le devenir de ces aides au-delà de 2013 ?