
La crise laitière agace les producteurs et certains n’hésitent pas à évoquer l’arrêt de certaines prestations, comme le contrôle laitier. Jo Jaouen, président de Bretagne Contrôle Laitier ouest comprend la colère et le désarroi de ses collègues éleveurs. « Nous sommes d’abord des éleveurs avant d’être des responsables. Aucun secteur d’activité ne peut accepter une chute aussi brutale de ses prix sans réagir. Les dernières années, le niveau du prix du lait n’a jamais permis de constituer des réserves pour amortir un tel choc ».
Les responsables de BCLO estiment que « l’embellie de 2008 a été un vrai leurre pour les producteurs ». C’est d’ailleurs ce qui exacerbe l’amertume de ceux qui espéraient le maintien du prix à un niveau raisonnable pour faire face à leurs engagements, notamment les jeunes. « D’autant que les charges ont augmenté du fait des mises aux normes environnementales, de la flambée des matières premières et de l’énergie ».
Pas de décisions hâtives
Ce constat du Contrôle Laitier engage la structure à poursuivre, voire à accentuer l’accompagnement des éleveurs. « Le rôle des techniciens de contrôle laitier est d’être aux côtés des producteurs dans leur réflexion afin qu’ils trouvent des pistes pour faire face à la situation actuelle, notamment par une optimisation de leurs charges. Proches du terrain, ils partagent la vision stratégique des élevages ».
Stéphane Lambert, le directeur, précise que la structure cherche aussi à alléger la facture des éleveurs. « La création d’une structure commune à trois départements va dans ce sens. Nous sommes disposés à étudier avec les éleveurs leur situation, en faisant en sorte, bien sûr, qu’il n’y ait pas de démission ».
Le contrôle laitier sans éluder les problèmes veut en fait éviter que des éleveurs prennent des décisions hâtives sous le coup de la colère. « Nous travaillons sur la durée avec les éleveurs, en apportant des indicateurs et du conseil pour permettre d’anticiper ». Joseph Langlais, vice-président, souligne qu’il s’agit « d’un apport essentiel pour permettre aux éleveurs de s’adapter à un contexte de prix de plus en plus fluctuants ».
Jo Jaouen conclut que le soutien aux producteurs de lait a également été apporté au niveau national, au travers d’un courrier adressé au ministre de l’Agriculture. Il alerte sur la situation des éleveurs en argumentant que le lait reste une production répartie et attachée au territoire. « Le lait qui s’en va d’une exploitation ne revient jamais ».
Pierre Dénès
Photo : Les membres du bureau de BCLO : (de gauche à droite : Pierrick L’Anthoën (22), Jo Jaouen (29), Patrice Guiguian ( 56), Joseph Langlais (22) et Daniel Guillou (29)