
Non à la contractualisation, oui aux quotas. C’est le credo de la Coordination rurale 29 qui a appelé au rassemblement, lundi après-midi à Quimper. Une cinquantaine de producteurs ont effectué une distribution de lait devant les bâtiments du Conseil général. Objectif : expliquer l’écart entre le prix payé au producteur et celui payé par le consommateur.
Refus de la contractualisation
« Rien que mettre le lait en bouteille et voilà le prix multiplié par cinq », s’élève Jean-Michel Favennec, responsable départemental de l’OPL, qui parle d’une perte de 115 euros/1 000 litres pour les mois à venir. Soit une diminution de trésorerie de 2 875 euros par mois pour une exploitation produisant 25 000 litres de lait par mois.
Pour le syndicat, la solution à la crise actuelle n’est pas dans la contractualisation de la production laitière. « Les laiteries se regroupent et pourtant le prix baisse. Demain, les producteurs auront moins d’acteurs industriels face à eux. Ces derniers pourront faire ce qu’ils veulent », dénonce le leader syndical qui n’hésite pas à pointer du doigt « les méfaits d’une cogestion à laquelle se livrent certains responsables professionnels ».
Pour la Coordination, la solution réside dans l’application stricte des quotas jusqu’en 2015 au moins. « Sachant que l’on ne doit jamais signer de contrat quand les prix sont bas », avertit J.-M. Favennec. « Des références supplémentaires ne doivent être accordées que si le marché peut absorber un surplus de production », insistent les responsables qui revendiquent un prix de 400 euros/1 000 L.
Pour le syndicat qui réclame la remise à plat de la LME, le mouvement pourrait se durcir par une grève du lait avant les élections européennes. Une action, soutenue par l’organisation European Milk Board, qui serait destinée à « mettre les politiques face à leurs responsabilités ».
Didier Le Du
Photo : Jean-Michel Favennec, responsable de l’organisation des producteurs de lait (OPL), de la Coordination Rurale 29.