
Ronsard symbolise le dynamisme et le savoir-faire de l'agro-alimentaire breton", a écrit François Fillon sur le livre d'or de l'entreprise, au terme d'une rapide visite du site de Bignan (56), accompagné de Michel Barnier, ministre de l'Agriculture.
Ronsard, l'un des 10 premiers volaillers français, est une filiale du groupe Coopagri. L'approvisionnement (76 200 t. d'achat vif en 2008) est assuré majoritairement par des éleveurs intégrés : au total près de 400 éleveurs qui représentent plus de 500 000 m2 de poulaillers.
Le site de Bignan est le plus important du groupe. Il assure à lui seul l'abattage, la découpe et le conditionnement de poulets (300 000/semaine), l'abattage et la découpe de dindes (60 000/semaine), la transformation en produits semi-élaborés, cuits, fumés et confits. Trois autres sites à Losse (Landes), à Jouy (Orléanais) et à Saint-Jean (Bresse) sont spécialisés dans les volailles label.
Du basique à l'élaboré
"Le Premier ministre a pu se rendre compte que Ronsard propose une gamme complète de produits, du plus basique au plus élaboré", souligne Gilles Dréan, directeur de Ronsard. "Si la moitié de notre chiffre d'affaires est réalisé par des poulets et dindes entières prêts à cuire, nous avons progressivement développé les produits de découpe (escalopes, cuisses, ailes) et les élaborés (brochettes, paupiettes, produits aromatisés, émincés, marinés)".
27 % des produits finis partent à l'exportation, uniquement à destination de l'Europe. "Dans un marché soumis à de multiples soubresauts, Ronsard tire son épingle du jeu avec des ventes en progression de plus de 15 % et une couverture de plus de 28 pays", estime le directeur. Ces bons résultats se concrétisent par une politique d'investissement et une croissance du nombre de salariés.
7 millions d'investissements
Sur la période 2008-2009, Ronsard investit pour 10 millions d'euros dont 7 millions dans l'agrandissement de l'unité de produits élaborés cuits de Bignan. "L'outil de cuisson arrivait à saturation. La nouvelle unité bénéficiera d'un four à cuisson continue permettant d'augmenter la production de poulets cuits jusqu'à 8 000 t. par an".
Cette croissance se traduit également au niveau des effectifs. Entre 2008 et 2009, l'entreprise compte 102 salariés supplémentaires soit une hausse de 11 %. À Bignan, plus de 50 personnes ont été embauchées. Un contraste par rapport à deux autres outils industriels avicoles de Locminé et Pontivy qui ont fermé ces derniers mois.
L'atout agro-alimentaire
Cette visite a donné l'occasion à Denis Manac'h et Jean-Bernard Solliec, président et directeur général de Coopagri, d'attirer l'attention du Premier ministre sur l'atout que représente l'agro-alimentaire dans la crise actuelle. "Si la Bretagne s'en sort moins mal que d'autres régions, c'est en partie grâce à ce secteur qui, certes, se restructure mais arrive à maintenir ses emplois, voire à embaucher". Néanmoins, l'horizon demeure bien sombre pour deux productions, le porc et le lait.
Les responsables ont aussi montré leurs inquiétudes sur le fonctionnement de l'assurance-crédit. Ce système permet de garantir les créances des industriels auprès de leurs clients en Europe et sur les marchés de grand export. Mais certains pays, notamment à l'Est, ne sont plus solvables et la mécanique de l'assurance-crédit semble se gripper, ce qui peut freiner les exportations françaises.
Patrick Bégos
Photo : Gilles Dréan, directeur de Ronsard (au centre), explique le fonctionnement de son entreprise au Premier ministre François Fillon et au ministre de l'Agriculture, Michel Barnier (à droite).
Vers un accord sur l'écotaxe
L'écotaxe Borloo sur les transports avait mobilisé les responsables bretons au péage de La Gravelle en février dernier. Le Premier Ministre promet "un projet d'accord sur cette taxe poids lourds qui ne pénalisera pas trop la région". Autre avancée rappelée par F. Fillon : les entreprises de transport peuvent déjà, par anticipation, transporter des marchandises dans des camions de 44 t, au lieu de 38 t, limite actuelle.