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Truies en groupe / L'échéance de 2013 approche - Une mise aux normes à petits pas
 

Le chantier est conséquent : 300 places par jour, à aménager, d'ici à 2013, dans les élevages bretons. La mise aux normes prend du retard. La faute à la conjoncture probablement. La majorité des éleveurs qui ont mis leurs truies en groupe s'en réjouissent pourtant. Les résultats techniques n'ont rien à envier aux élevages en truies bloquées. Et ce, quel que soit le système choisi pour l'allotement des truies. Marie-Estelle Caille, de la Chambre d'agriculture, le confirme : "Les résultats sont sensiblement les mêmes. On peut simplement noter un pourcentage de pertes sur nés vifs en défaveur des truies en groupe (15,5% contre 14% pour les truies bloquées)". Les primipares seraient en cause. N'ayant jamais connu la contention, elles auraient tendance à écraser leurs porcelets. Une simple supposition qui demande confirmation. Quoi qu'il en soit, "la mise en groupe permet de bonnes performances". À l'auge, au Dac ou au réfectoire, les résultats sont similaires. Le réfectoire sur paille permet de conserver les truies plus longtemps. "42% de renouvellement contre 45% dans les deux autres systèmes. Les aplombs sont meilleurs", affirme Marie-Estelle Caille.


Bagarres


Au niveau sanitaire aucune dégradation n'est observée. "Il faut faire attention à l'humidité des caillebotis. En verraterie libre, les chevauchements peuvent être préjudiciables à la santé des animaux (onglons arrachés)". Une mauvaise qualité de paille peut, par ailleurs, avoir des conséquences sur la perte embryonnaire. Globalement, 2 à 5% des truies doivent être isolées pendant la gestation pour agression, morsure de vulve ou problème d'aplombs. Les bagarres ne durent pas très longtemps. La hiérarchie s'effectue rapidement. Au rayon des astuces : alimenter avant la mise en groupe, éteindre la lumière, regrouper les truies dans l'après-midi lorsqu'elles sont plus calmes ou utiliser des produits perturbant l'odorat. "Il faut éviter les calmants tels que le stressnil (réglementation)".


Vaccins


Les éleveurs redoutent les vaccinations et les traitements sur les truies en liberté. Le prolongateur sur le bras est une solution pour simplifier la tâche (avec le marqueur attaché à la main). "Les porchers qui procèdent de la sorte ne s'en passeraient plus". La vaccination se fait généralement pendant les repas, dans les cases ou dans le couloir. "Chacun a son système. Le plus important est de l'effectuer dans le calme".


Différents systèmes performants


Les bat-flanc pleins sont préférables aux bat-flanc ajourés. La longueur idéale est de 50 centimètres. "Les truies sont moins tentées de changer de place". La longévité du matériel constitue le principal avantage du système. "L'alimentation en soupe ou en doseurs n'a pas d'importance. Les doseurs à distribution lente sont à proscrire. Les truies s'énervent et changent de place constamment". Pour des groupes d'une vingtaine de truies, l'auge surélevée (avec une marche pour les pattes avant) donne également satisfaction. "Il faut prévoir 50 centimètres de largeur d'accès à l'auge par truie. Il n'y a pas de bat-flanc mais la position des animaux au moment du repas empêche la compétition".
Les réfectoires procurent l'avantage de pouvoir bloquer les truies lors des repas ou des vaccinations. Le coût est supérieur aux autres systèmes et la longévité du matériel moindre. "Il faut également prévoir un temps de raclage dans les courettes, un quart d'heure par jour en moyenne".
Le Dac permet d'individualiser les rations, optimiser la surface du bâtiment, d'offrir une bonne distance de fuite en cas de bagarres. "Il faut néanmoins un bon service après vente en cas de panne des distributeurs". Les groupes dynamiques (toutes les bandes dans la même salle) ont la préférence des éleveurs pour sa simplicité de conduite. "L'idéal est d'installer un faux Dac en quarantaine pour habituer les cochettes avant l'entrée dans le groupe de gestantes. Sinon, le travail peut être contraignant".
D'autres systèmes existent et sont moins performants. Le Variomix ou l'aliment au sol sont, par exemple, à proscrire. Bat-flanc, Dac ou réfectoire, les éleveurs ont le choix entre différents systèmes qui ont fait leurs preuves en France ou à l'étranger.

Bernard Laurent


Photo : Les bat-flanc pleins sont préférables aux bat-flanc ajourés (moins de mouvements pendant les repas).



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Date de l'article : semaine du N° du 22 au 28 Mai 2009
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