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DINDE / Le nouveau comportement du consommateur - Les achats augmentent de 8% au 1er trimestre
 

Les nouvelles habitudes alimentaires et notamment le retour au fourneau familial vont-ils donner un coup de pouce à la production de dindes ? C'est l'espoir de la filière confrontée à un marasme commercial qui s'est traduit par un allongement des durées d'élevage et des vides sanitaires. Le bilan de 2008 (voir hors-texte) explique clairement les causes de ce marasme : une consommation en baisse, des exportations qui patinent et un recours croissant aux importations dans les pays de l'Union.


Nouvelle baisse des mises en place


Le début 2009 n'est guère meilleur, au niveau de la production. "En mars, les mises en place de dindonneaux d'un jour ont atteint 1 174 000 têtes en moyenne hebdomadaire (-14,3 % par rapport à 2008)", explique Gilles Le Pottier, du Cidef. L'activité de découpe au plan national se chiffre à 1 130 000 dindonneaux (soit -14,1 %), les poids moyens remontent à 9,79 kg/tête. "Cette augmentation de poids traduit des retards aux enlèvements mais aussi de bonnes performances techniques en élevage". Les stocks s'élèveraient en mars à l'équivalent de 2,9 semaines de production. 
Dans les autres pays européens, le contexte est également tendu. La Pologne et la Hongrie affichent un recul significatif de 22 et 26 %. En Allemagne, les mises en place se sont stabilisées, mais ce pays transforme désormais une production souvent effectuée dans les pays voisins. Les échanges en Europe sont croissants.  La France importe plus de viandes fraîches désossées (+ 57 %) en provenance des pays de l'UE (Allemagne et Italie).


Baisse de compétitivité


En 20 ans, le marché de la dinde a connu une période d'expansion (1988-1998) à laquelle ont succédé 10 années de déclin. La première décennie a bénéficié de l'envol des exportations. La seconde (1998-2008) a vu l'écroulement de nos performances à l'export. La première explication est liée aux accords du GATT (1994) qui ont supprimé les restitutions pour la viande de dinde en 1998. Il faut y rajouter la perte de compétitivité liée notamment à la suppression du Nifursol en 2003, ce qui a entraîné de graves problèmes sanitaires. Puis, la concurrence mondiale, en particulier brésilienne, a supplanté nos produits chez nos principaux pays clients.


Plus d'achats


La crise va-t-elle modifier la donne ? "Le consommateur montre aujourd'hui sa préférence pour les produits frais, avec une bonne traçabilité", souligne Gilles Le Pottier. "D'après TNS, les achats de viande de dinde ont fait un bon en avant de 8,1 % au cours des trois premières périodes de 2009". La crise semble induire un nouveau contexte de consommation de viande. "Les acheteurs privilégient les viandes économiques et le retour aux fourneaux, plutôt que les produits élaborés".
On note ainsi le retour en grâce de la cuisse de dinde (+14.9 %) devant l'escalope (+ 6,2%). Les panés de dinde tirent également leur épingle du jeu (+6.9 %) alors que les élaborés peinent (+ 0,5 %), en attendant l'été. Les prix de détail sont orientés à la baisse (7,28 euros/kg en moyenne soit -0,9 %), mais sans excès ni sacrifice de marges de la part des distributeurs. La dinde ne rattrape pas le porc qui se présente comme la viande économique par excellence (prix moyen de 6,37 euros/kg). Les hypermarchés se sont montrés les plus dynamiques avec un accroissement des volumes vendus de 13,3 % et une baisse des prix de 1 %.

Patrick Bégos


Photo : Selon le panel TNS, les achats de viande de dinde ont fait un bon de 8,1 % au premier trimestre 2009.




Le bilan mitigé de 2008

En 2008, la production française de dinde (452 000 t.) a baissé de 3,7 %. Nos exportations (129 300 t.) ont encore chuté de 6,7 % alors que les transformateurs avaient de plus en plus recours aux importations (36 800 t soit + 11 %). Calculée par bilan, la consommation a ainsi baissé de 4,5 % en 2008. 



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Date de l'article : semaine du N° du 15 au 21 Mai 2009
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