Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Divers | Article n°9484 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 01 juin 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Cultures / Douze portes ouvertes en exploitation - L’expérience concrète du non-labour
 

Douze exploitations vont ouvrir leurs champs pour montrer leur expérience en techniques culturales sans labour. "Après le forum de Pontivy organisé par les Chambres d'Agriculture, l'objectif est de faire le lien entre les travaux de la Recherche appliquée et les expériences des agriculteurs", souligne Pierre Daniel, président du Pôle agronomie. Aujourd'hui, le quart des surfaces bretonnes de blé et de maïs est semé sans avoir recours au labour.


Expliquer concrètement


Les avantages mis en avant sont le gain de temps et l'économie de carburant. "Ce n'est jamais du clé en main. Chacun doit s'adapter en fonction de ses sols, de ses cultures, du matériel existant", estime Denis Le Bossé. Il peut y avoir des échecs, un salissement des terres, voire une augmentation des charges de mécanisation lié à des doublons en matériel. "L'objectif est d'expliquer aux agriculteurs comment s'y prendre, de répondre aux questions qu'ils se posent sur les étapes et les conditions à respecter", précise Philippe Lannuzel. Samuel Le Crom, de Ménéac, partagera son expérience le 20 mai. 
Installé en 2000, il n'a pas utilisé longtemps sa charrue. "Dès la première année, j'ai cassé 8 boulons de sécurité sur les cailloux. Rapidement, j'ai voulu faire un test en non-labour, sur blé, en utilisant le cover-crop de la cuma et en semant avec le semoir à bottes. Les premiers résultats ont été décevants, à cause du bourrage lié aux débris de cultures".


Gagner du temps


En mai 2002, la création du Gaec des Minières avec Pascal Portier fait passer la surface à 111 ha. "Il fallait gagner du temps", souligne Samuel. Les associés persévèrent dans le non-labour en utilisant le matériel de l'exploitation. Ils réalisent, en 2005, un test avec 7 déchaumeurs. "J'ai retenu le déchaumeur Amazone Catros à disques lisses et rouleau Matrix". Après plusieurs années de tâtonnements et quelques échecs, le système semble aujourd'hui bien adapté à l'exploitation.
Pour les 30 ha de maïs,
Samuel effectue d'abord un traitement de glyphosate (1 200 g/ha) pour détruire le RGI. "J'épands ensuite les fumiers et je réalise 2 passages de déchaumeurs à 10-15 cm". Ces travaux peuvent être réalisés quelques semaines avant le semis, pour étaler le travail. Les deux associés exploitent actuellement 166 ha dont 120 ha de cultures (Blé-maïs-colza) et un troupeau de 70 laitières.


1 ha à l'heure


"Pour moi, l'intérêt du non-labour c'est d'abord le gain de temps", résume Samuel. Après les déchaumages, il effectue le semis en un seul passage avec à l'avant du tracteur un fissurateur de 3 m et à l'arrière une herse rotative et un semoir à maïs 5 rangs (inter-rang de 60 cm). "Avec ce train d'outils et un tracteur de 120 cv, je sème en moyenne 1 ha à l'heure". Si on rajoute 1 heure/ha pour les 2 déchaumages, il lui faut 2 heures/ha pour implanter un maïs. Pour le blé (60 ha), un seul passage de déchaumeur (0,4 heure/ha) et le semis est réalisé en un passage (1 heure/ha), soit au total 1,4 heure/ha. 
En maïs, la consommation de fuel est de 37 L/ha (17 L /ha pour les 2 passages de cover-crop et 20 L/ha pour le semis). Elle est de 24 L/ha pour le blé (un seul déchaumage). Le déchaumage permet d'avoir un terrain propre. "Le fissurateur me paraît indispensable pour bien aérer la terre". En zone d'élevage, le sol est tassé par les passages des remorques (fumier-ensilage). "La fissuration à une profondeur de 25-30 cm est systématique, avant chaque semis, pour permettre un bon enracinement".


Désherbage plus technique


"En non-labour, le désherbage est plus technique, plus pointu avec notamment l'apparition du gaillet, qui occasionne des traitements supplémentaires", estime Samuel. Il faut être vigilant au stade d'application et ne pas trop réduire les doses. Les taupins et limaces sont également à surveiller.
Economiquement, les économies sont faibles, compte tenu du choix de plusieurs passages. La maîtrise des investissements (2 tracteurs de 120 cv pour 166 ha, y compris les travaux d'élevage) est un atout. Les rendements sont bons : 80 q/ha pour le blé et variables en maïs à cause des différences de sols. "Ces rendements ont progressé depuis 5 ans, grâce à la maîtrise du désherbage et des fongicides. Le non-labour n'a pas pénalisé les rendements", estime Samuel.
Après 7 ans de recul, il recense les points positifs : une concentration de la matière organique en surface, des vers de terre plus visibles et plus actifs, des sols sains et faciles à travailler grâce à la fissuration qui évite la prise en masse. Mais il y aussi des limites : beaucoup de limaces (d'où les déchaumages fréquents pour éviter le recours aux anti-limaces), un salissement plus important avec le gaillet et le recours au glyphosate pour la destruction du RGI et des repousses de colza. Sa méthode bien rodée lui paraît encore perfectible. 

Patrick Bégos





Douze portes ouvertes en Bretagne

Les portes ouvertes s'appuyeront sur des agriculteurs ayant du recul en techniques sans labour. Elles s'articuleront autour d'ateliers détaillant les motivations qui ont conduit à l'arrêt du labour, les difficultés rencontrées, les avantages, les résultats économiques, les incidences agronomiques de l'arrêt du labour sur la vie du sol et les adventices, la conduite du blé et du maïs en TCSL, avec selon les sites, des démonstrations de semis. Sur chaque site, plusieurs modalités de semis ont été mises en œuvre, du semis direct au pseudo-labour, avec les débits de chantier, la consommation de carburant, les avantages et les limites des méthodes. 


Morbihan - de 13h30 à 17h :
• le mercredi 20 mai à Ménéac - Le ménéhy - Earl des quatre vents et Gaec des minières                   
• le vendredi 29 mai à Kervignac - Le Lobo - Earl Tuffigo
Côtes d'Armor de 10h30 à 17h :
• le mercredi 24 juin à Pleslin Trigavou - Gaec de la Hautière
• le jeudi 25 juin à Plouagat - Gaec du vieux Manoir
• le vendredi 26 juin à St Brandan - Gaec de la Garenne Minier à Kergrist Moelou - Yvon Corbel
Ille-et-Vilaine - de 10h à 14h :
• le vendredi 29 mai au Grand Fougeray - Gaec des Horizons
• le jeudi 18 juin à Plerguer - Les Rives - Earl Le Meleuc
De  9h à 17h :
• le vendredi 19 juin à Maure de Bretagne - Gaec de la Pommerais 
Finistère de 13h30 à 17h :
• le mercredi 3 juin à Chateauneuf-du-Faou - Trémélé - J Y Martin
• le vendredi 5 juin au Tréhou - Mescouez  - Soubigou Pouliquen
• le vendredi 12 juin à Elliant - Kerlinic - Alexis Clech



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 8 au 14 Mai 2009
Imprimer l'article Imprimer l'article



Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)