
Affirmer que la profession, l’administration et les collectivités locales ont conjointement trouvé les solutions pour relever le challenge de l’installation est sans doute exagéré. Mais parler « d’actions récentes qui semblent apporter leurs fruits », comme le formule Hervé le Saint, président de l’Adasea, est sans doute bien dit.
Une palette d’outils
Opérations de repérage et de sensibilisation systématiques des cédants sans successeur (Dica), mise en place du répertoire départ installation (RDI), accompagnement des installations hors cadre familial, stage de parrainage, programme Pari (accompagnement régional de l’installation), opération Pilot (programme d’initiative locale pour une organisation de territoire), etc. C’est un véritable arsenal d’outils qui a été développé ces dernières années pour tenter d’enrayer l’érosion du nombre d’installations constatée ces dix dernières années. Avec ce creux, enregistré en 2006, qui flirtait avec les 100 installations aidées en Finistère.
Depuis, les chiffres reprennent un peu de forme. 137 dossiers d’installations agréés en 2007 ; 139 en 2008. « 2008, l’année de la confirmation », commentent les responsables de l’Adasea qui attendent toutefois les chiffres de 2009. « Sachant que la conjoncture est plus difficile ».
Le redressement de la courbe n’aurait sans doute pas été au rendez-vous en l’absence de la palette d’outils destinés à accompagner l’installation. C’est en tout cas l’analyse de l’Adasea qui estime à 19 le nombre d’installations concrétisées dans le cadre du RDI (13 installations et 6 réinstallations) « En 2008, 48 nouvelles offres d’exploitations ont été enregistrées au répertoire départ-installation qui compte à ce jour 103 propositions dont une très large majorité d’exploitations individuelles », décrit Anthony Froger, conseiller à l’Adasea.
212 mises en relation de candidats et cédants
Face à ce stock d’exploitations : 118 candidats à la recherche d’une ferme sont inscrits au répertoire. Des candidats qui ne trouvent pas toujours chaussure à leur pied comme le suggèrent les 212 mises en relation réalisées en 2008. Il faut dire que cette confrontation de l’offre et de la demande est un travail de longue haleine. « La durée moyenne d’inscription des candidats est de 2,3 années ; celle des cédants est d’environ 1,5 an », estime A. Froger.
Pour ce qui est du profil des candidats à l’installation, il s’est assez profondément modifié ces dernières années. L’effet internet a élargi la zone géographique des candidats qui ne sont plus que 42 % à être originaires du département (70 % en 2007). « Trois candidats sont à l’étranger ».
Si près de la moitié des candidats inscrits au RDI sont des enfants d’agriculteurs, soulignons aussi qu’un tiers des candidats se présente avec un projet en agriculture biologique et plus de 4 sur 10 avec des projets de valorisation des produits agricoles sur des petites structures.
Au-delà de cette énumération de chiffres, les responsables professionnels de l’installation encouragent à continuer à actionner les leviers mis en place pour accompagner la reprise des exploitations qui, d’un avis quasi unanime, ne doivent pas tomber dans l’escarcelle exclusive de l’agrandissement. Même si personne ne se leurre que les surenchères peuvent dynamiter en quelques secondes tout le travail collectif mené en amont pour favoriser l’installation. Fut-il, parfois, par ceux qui font de longs discours sur la nécessité d’installer et qui, passé la porte publique, n’hésitent pas à sortir l’enveloppe…
Didier Le Du