
Le parcours vers la vente de l’exploitation a été préparé, balisé, accompagné. Tout vendre ? Garder le foncier ? À quel prix ? Quelle fiscalité ? Ces questions trouvent réponse auprès d’experts qui sécurisent l’opération, jusqu’à la signature définitive. Et maintenant ?
Le chèque en main, les possibilités sont multiples. Quand les choix engagent pour des années, il est crucial là aussi de disposer d’un conseil global et objectif. Comme pour la transmission de l’exploitation, il faut s’y intéresser tôt : évaluer le revenu futur et les besoins ; définir une stratégie de placements qui tienne compte des objectifs, de la sensibilité au risque et de la fiscalité. Compte tenu du niveau des retraites agricoles, la recherche d’un complément de revenus arrive généralement au premier rang des préoccupations.
La pierre n’est pas sans risque.
Les derniers mois ont sérieusement bousculé les certitudes sur les placements. Les comportements d’hier ne sont plus de mise pour demain. En 2008, on pouvait se permettre de ne pas choisir et de laisser son capital placé à court terme, avec des rendements entre 4 et 5 % sans risque. Cette époque est révolue. La baisse des taux change la donne, avec des performances entre 0,80 et 2 %. Alors quel choix retenir ?
L’immobilier a toujours la faveur des investisseurs. Le rendement moyen est de 4 à 6 % voire plus dans l’ancien, les SCPI ou l’immobilier commercial. À terme, la pierre se valorise toujours et c’est un capital « tangible ». Oui mais… Comment se porte le marché locatif là où j’investis ? Suis-je prêt à prendre le risque de vide, de non-paiement, de dégradations ? Les incitations fiscales successives ont contribué à un parc immobilier pléthorique qui ne correspond pas forcément à la demande locale en termes de prix. L’ajustement se fera par le loyer, qui ne sera peut-être pas celui prévu… Il faut donc être très vigilant sur le prix, la qualité de construction et surtout l’emplacement.
Peu liquide, l’immobilier est de plus difficile à partager lorsqu’il n’y a qu’un immeuble ou plusieurs de valeur inégale. La SCI, qui a perdu beaucoup de ses attraits, peut trouver là une justification.
Obligations : le retour en grâce ?
Les obligations reviennent sur le devant de la scène. Est-ce le retour en grâce d’un placement un peu oublié ? Le porteur d’une obligation prête de l’argent à l’État ou à une entreprise, qui lui verse annuellement un intérêt pour une durée (5 à 10 ans généralement) et à un taux définis à l’avance. À l’échéance, le capital est remboursé à l’épargnant. Plus l’emprunteur est fiable, plus faible est le taux offert. Les difficultés de financement incitent de grandes entreprises à proposer des rendements jusque 7,25 % soit plus du double des emprunts d’état. Les Sicav et FCP obligataires bénéficient actuellement de cette envolée des taux, mais pour combien de temps encore ? Le risque repose sur la capacité de l’émetteur à rembourser sa dette au jour prévu, et en cas de remontée des taux, sur la perte de valeur possible. Placement de revenu par excellence, les obligations ne bénéficient pas d’une fiscalité très favorable.
Assurance-vie : de solides arguments
Placement préféré des Français, l’assurance-vie a de solides arguments. Les contrats « multisupports » offrent le choix de la sécurité (sur les fonds euros) ou de la prise de risque sur les fonds à dominante actions. Il est également possible dans certains contrats de souscrire directement des obligations. Les rendements 2008 sont très inégaux de 3,5 % à 4,6 % pour les fonds en euros. D’où l’intérêt de bien choisir son contrat. Les fonds sont généralement disponibles à tout moment. La fiscalité actuelle est très favorable, que ce soit pour les revenus ou la transmission du capital. Pour un couple détenant un contrat de plus de 8 ans, les retraits sont non imposables jusqu’à un montant de 9200 € d’intérêts retirés par an. Il y a donc intérêt à ouvrir un contrat le plus tôt possible pour prendre date.
Alors quel est le meilleur placement ? Il n’y en a pas. Il faut adapter la réponse aux besoins de chacun, préparer le terrain, diversifier et optimiser la fiscalité pour vivre au mieux sa retraite.
Dominique Pincé
CER FRANCE Côtes d’Armor