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Lait / Pour libérer du temps - Se ménager des périodes sans vêlage
 

Un veau par-ci, un veau par-là. Les naissances échelonnées donnent une impression de ne jamais arrêter, d'être confronté à un cycle sans fin : surveillance des vêlages, allaitement des veaux, mise à la reproduction, etc.
Pour lever une partie de l'astreinte liée au cycle biologique de l’animal, des éleveurs se réservent des périodes sans vêlage en concentrant les mises à la reproduction. Certains éleveurs allant jusqu'à fermer leur salle de traite pendant un mois.
Autre avantage de la technique : Le regroupement des événements permet d'adopter la conduite en lots, que ce soit pour l'élevage des veaux, pour l'alimentation des vaches par niveau de production, etc.


Ne pas subir la reproduction


Pierre, éleveur en Ille-et-Vilaine, a adopté cette conduite groupée avec une période de l'année sans vêlage. Pour lui, "la priorité pour réussir est de ne pas subir la reproduction, même si c'est parfois en contradiction avec la production laitière". Mêmes propos de la part de cet autre éleveur de Dol-de-Bretagne qui comptabilise 80 vêlages sur 5 mois. "Les périodes de vêlage sont calées sur les attentes familiales et sur les autres travaux de l'exploitation (semis de maïs…)", décrit-il, avant d'insister sur la reproduction du troupeau : "Il faut être rigoureux et ne pas faire de sentiment".
Facile à dire. Pas toujours aussi simple à mettre en œuvre. Pour la simple raison qu'il est toujours difficile de se séparer de l'icône du troupeau, forte productrice avec une bonne morphologie, mais qui tarde à retenir. "Dans certains cas, il est possible de décaler le vêlage d’un an".
"Même si le pourcentage global de réformes est conforme à la moyenne, les élevages qui groupent les vêlages enregistrent plus de réformes liées à la reproduction", confirme Guylaine Trou, Chambre d'agriculture, qui a présenté les résultats de 16 exploitations bretonnes suivies de 2005 à 2008 (Journée interrégionale Chambre d'agriculture, Institut élevage, Inra, Agrocampus Rennes). Ainsi, sur 6 élevages qui groupent leurs vêlages sur 3 à 5 mois, 2/3 des réformes le sont pour des raisons de reproduction. Quant aux éleveurs qui choisissent "5 mois sans vêlage", la reproduction explique 43 % des réformes.


Réagir vite


La conduite de la reproduction est en effet le nerf de la guerre d'une conduite groupée. "Quand on ne voit pas les vaches en chaleur, il faut réagir vite", souligne G. Trou, montrant, au travers des résultats enregistrés dans les 16 exploitations, que "plus la période de vêlages est courte, meilleure est la reproduction".
Reste que la reproduction est plus difficile à mener avec les hautes productrices. La fertilité est en effet corrélée négativement avec la production laitière. "La Prim'Holstein semble aujourd'hui handicapée par son potentiel de fertilité, mais l'organisation des vêlages est toutefois possible en étant vigilant sur la sélection des animaux". À terme, la sélection des vaches sur la fertilité pourrait apporter une partie de la solution.

Didier Le Du





Dans la balance

Décider de grouper les vêlages sur 3 à 5 mois ou adopter des périodes sans vêlage (plus de 5 mois) répond à des motivations multiples :
•Faire vêler au printemps pour produire à pas cher avec l'herbe.
•Faire vêler en fin d'été pour gérer le pâturage.
•Alléger le travail à certaines périodes (vacances d'été).
•Libérer du temps pour les travaux des champs.

Mais si ça n'avait que des avantages, ça se saurait :
•Des naissances groupées peuvent générer une période de stress et même de pénibilité chez l'éleveur : surveillance des vêlages, épisodes de diarrhées chez les veaux…
•Le cumul d'un nombre élevé de vaches en fin de lactation peut entraîner des élévations de cellules.
•Réussir la mise à la reproduction, surtout pour les fortes productrices, peut être difficile.
•D'emblée il faut faire vêler les génisses à 24 mois. Sinon, automatiquement, ça sera 36 mois.



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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 30 Avril 2009
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