
Les effets de la crise seront ressentis moins sévèrement dans le secteur agricole que dans beaucoup d’autres secteurs de l’économie américaine ». C’est l’une des conclusions que tire, dans une étude tout juste parue, le département américain de l’Agriculture (USDA) à propos des conséquences de la crise pour l’économie agricole des Etats-Unis. Un constat logique: l’agriculture américaine « est entrée dans la crise avec des exportations, des prix et des revenus records », signale ce rapport. Il n’empêche, le secteur n’échappera pas à la crise. Moins en raison d’une baisse de la consommation des ménages – « la plupart des consommateurs américains ont des standards de vie suffisamment élevés pour que les besoins alimentaires ne provoquent pas de changements notables dans le revenu », indique l’étude – qu’à cause du ralentissement de l’économie mondiale et de l’appréciation du dollar.
Décélération de courte durée à l’export
Certains pays qui représentent de gros marchés pour les Etats-Unis risquent de réduire leurs importations. Ce qui a commencé à se vérifier dès la fin 2008 avec la Chine, Taïwan, le Mexique, l’Egypte ou la Russie. Selon l’USDA, les exportations américaines chuteraient de 18 % en 2009, à 96 milliards de dollars. Cette décélération ne serait toutefois que de courte durée, les ventes repartant à la hausse dès 2011 selon les projections de l’USDA. Malgré tout, si le cours du dollar continuait à s’apprécier par rapport aux autres monnaies, les exportations de viande de porc et de volaille pourraient se trouver sérieusement handicapées. Car, comme le souligne le rapport, la demande mondiale en viande est plus élastique que la demande de productions végétales. Autre effet collatéral de la crise : la chute du prix des biocarburants, liée à la baisse du cours du pétrole.
Photo : Élevage laitier dans l’État de l’Oregon
Une baisse du revenu net à relativiser
Pour l’USDA, le revenu net des fermes américaines devrait perdre 26 % en 2009. Mais cette baisse doit être relativisée: le revenu reste légèrement supérieur au revenu moyen des dix dernières années. Les fermes américaines plutôt bien armées contre la crise : les producteurs disposent d’un grand nombre d’outils de gestion des risques, ont amélioré leur productivité et optimisé leurs charges... Et aussi parce que les crises précédentes les ont incité à moins recourir au crédit.