Une parabole pour les moutonniers : « dessine-moi un mouton », mais « je veux un mouton qui vive longtemps » comme celui du Petit Prince, d’Antoine de Saint-Exupéry. Une occasion inespérée de « sortir du désert » pour Serge Prévenaud, président de la Fédération nationale ovine : « L’histoire reconnaîtra votre geste politique ». Il remerciait ainsi Michel Barnier pour l’enveloppe spécifique de 133 millions accordée à la production ovine. Une aide qui pourra s’ajouter à celle accordée à l’herbe et à la revalorisation de l’indemnité pour handicap naturel. 40 000 producteurs français recevront entre 13 et 15 000 euros par an. Pourquoi les ovins ? La production a une fonction « environnementale », elle occupe et entretient le territoire ce qui aide à légitimer des aides. Au plan économique, la réalité est plus abrupte. Depuis plusieurs années la production est fortement concurrencée, en premier lieu par les moutons de Nouvelle-Zélande. Tandis que le cheptel de brebis allaitantes ne cesse de chuter, en 2008 la production de viande ovine a encore diminué de 5,4%. La consommation baisse également, de 3% en 2008. Et l’on s’attend à une chute comprise entre 5 et 10% en 2009. Mais le maillon faible de la filière, c’est sa trop faible productivité explique-t-on à l’Institut de l’Élevage qui a en charge un programme pour l’amélioration de la production. Les éleveurs sont conscients que si ces aides ne servent qu’à soulager les trésoreries, les problèmes de fond resteront. Un contexte à l’inverse de la production porcine : mauvaise image environnementale, haute performance technique, consommation mondiale prévisionnelle en hausse de 2% par an, faible concurrence des pays tiers mais fort potentiel d’exportations et ne recevant pas d’aides directes européennes. Mais 15% des élevages en cessation de paiement...