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Morbihan (56)
Lait / Travail en élevage - Le pousse-fourrage pousse l’automatisation d’un cran
 

Comparativement aux élevages de porc, l’élevage laitier était resté en retrait dans le domaine de l’automatisation du travail. Aujourd’hui, la combinaison de facteurs économiques et socioprofessionnels accélère l’entrée des nouvelles technologies dans les stabulations laitières.


Remplacer un départ


L’exploitation de Stéphane Quéméneur représente assez bien l’archétype de ces élevages bretons poussés vers la rationalisation des tâches. « Je travaille seul sur l’exploitation avec une bonne cinquantaine de vaches pour un quota de 470 000 litres. Mon père, à la retraite, trayait encore le soir. Mais il fallait anticiper le jour où il ne le ferait plus ou ne voudrait plus le faire », explique cet éleveur de Guipronvel (29) qui justifie également son choix du robot de traite pour des raisons familiales. « Ma femme travaille à l’extérieur. Je trouve normal de me libérer pour ma famille ». Bref, rien de plus ordinaire que le droit de s’organiser dans son travail pour dégager du temps pour la vie privée.
Cette réflexion d’ensemble a conduit cet éleveur à robotiser la traite. « La solution d’une embauche ne me séduisait pas », dit-il, avant de relever que « le robot de traite ne lève pas l’astreinte mais lève la contrainte horaire » qu’impose la traite biquotidienne en salle de traite. « Sans parler de la traite du dimanche soir qui était une corvée », souligne-t-il, en précisant que, pendant deux ans, il a arrêté de traire le dimanche soir pour finalement reprendre. « Cette pratique n’améliore pas la situation cellulaire. Mais surtout, en 2008, il y avait du lait à faire ».
L’installation récente de racleurs à lisier dans les couloirs de circulation s’inscrit également dans cette logique qui vise à réduire les tâches répétitives et consommatrices de main-d’œuvre.


Objectif : Mieux valoriser la ration


Aujourd’hui, un troisième robot a rejoint les deux premiers automates de cette stabulation. Un pousse-fourrage (le Juno de marque Lely) est actuellement à l’essai jusqu’au mois de juin. « Il est programmé pour effectuer six passages par 24 heures », explique l’éleveur. Trois chemins sont programmés pour rapprocher progressivement le fourrage vers le bord de l’auge : 80 cm, 60 cm et 40 cm.
Pour Stéphane Kuntz et Jocelyn Hascoët, technico-commerciaux Lely Center 29, ce robot contribue à une meilleure ingestion de la ration. « D’une part, le signal sonore au démarrage est très vite reconnu par les vaches qui sont incitées à venir à l’auge ; à l’image de ce qui se passe lorsque l’éleveur intervient manuellement. D’autre part, toute la ration devient réellement accessible aux animaux ».
Pour ses promoteurs, cet outil, mis sur le marché il y a trois mois, est l’allié du robot de traite. « D’une part, parce qu’il permet une bonne valorisation de la ration, d’où une production laitière optimale au regard des 2,7 à 2,8 traites par jour. D’autre part, l’accès permanent au fourrage contribue à avoir un troupeau calme et un environnement favorable aux primipares et aux vaches soumises. Le robot s’avère particulièrement utile quand le nombre de places à l’auge est limité ».
Le concepteur calcule que ce matériel permet de réduire le temps de travail de l’équivalent de 2 semaines par an. « À la main, cette tâche équivaut environ à 2 fois 20 minutes par jour », calcule J. Hascoët. Et de faire remarquer que la consommation électrique reste minime : « 50 € d’électricité par an ». Reste l’investissement… « Compter 14 500 €, livré et monté », chiffre S. Kuntz.


Didier Le Du


Photo : Le signal de départ du pousse-fourrage, ainsi que son mouvement sur la table d’alimentation, incite les vaches à venir consommer.

 







Comment ça marche ?


Le « Juno », appareil d’une poussée d’une tonne, ressemble à une grosse toupie qui tourne très lentement et sans bruit. Il parcourt automatiquement la totalité de la table d'alimentation en se guidant sur la barre des cornadis (sans la toucher).
Il peut effectuer jusqu’à huit passages par cycle de 24 heures. Préalablement programmés, les chemins empruntés par la machine sont différents à chaque passage. À chaque évolution, il se rapproche de plus en plus de l’auge.
Au moindre obstacle, le robot, qui peut évoluer sur des surfaces d’une pente maximale de 3 %, s’arrête. Pour éviter qu’il ne s’arrête à chaque fois qu’une vache le touche, un microcourant dissuade les animaux de s’en approcher. À terme, ce robot sera capable de distribuer les minéraux à l’auge.



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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Avril 2009
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La révolution rurale des années 60





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