
En 2008, la FCO (fièvre catarrhale ovine) a largement mobilisé le GDS d'Ille-et-Vilaine : 16 réunions locales, 219 700 bovins vaccinés tracés, visites d'agents sur les 521 foyers recensés sur le département. "La vaccination estivale 2008 a permis une protection collective et individuelle de nos cheptels contre le sérotype 8. La vaccination 2009 aura le même avantage contre le sérotype 1", a souligné Gilles Lavollée, président du GDS 35, lors de l'assemblée générale le 7 avril à Châteaugiron. Rappelant l'obligation de vacciner sur les deux sérotypes 1 et 8, Gilles Guillomon a déclaré que "chaque agriculteur doit montrer un engagement sans faille dans cette action collective".
Lors de l'assemblée générale, Stéphan Zientara, directeur de l'Unité mixte de recherche Afssa/Inra/Enva, est intervenu sur le thème de l'émergence des maladies exotiques. Concernant la FCO, il explique que le réchauffement climatique fait partie des facteurs de son émergence en France, avec une remontée des moucherons vecteurs de l'épizootie. "En 1998, il n'y avait pas de FCO en France. En 2008, c'est l'explosion avec 30 000 cas. Le sérotype 1 qui était présent dans le Sud-ouest du pays est apparu fin 2008 dans le Finistère, sans doute du fait de transport de bovins", explique le scientifique.
Pour la vaccination sur la FCO
Depuis la fin de 2008, d'autres sérotypes se manifestent : le 6 aux Pays-Bas qui pourrait être d'origine vaccinale, le 11 en Belgique qui a peu circulé… "Le virus de la FCO mute très peu, contrairement à celui de la fièvre aphteuse par exemple", relativise Stéphan Zientara qui se montre attaché à la vaccination pour réduire l'incidence de la FCO. Il ajoute qu'il serait important de disposer d'informations fluides sur le plan européen (pour la FCO comme pour d'autres maladies). "On ne sait pas comment le sérotype 8 est arrivé. Il n'y a pas eu de synthèse sur les actions réalisées, sur ce qui n'a pas été fait", déplore-t-il.
Aujourd'hui, les risques d'émergence de maladies s'accroissent. "La température mondiale est globalement en hausse. Les transports, les voyages sont plus importants. La population augmente, on observe des modifications écologiques induites par l'homme…", énumère le scientifique. Exemple avec la fièvre du Nil occidental : le continent américain qui en était indemne avant 1999 est aujourd'hui contaminé. La fièvre aphteuse est une menace permanente. La brucellose, la tuberculose peuvent ressurgir en cas de contact entre la faune domestique et la faune sauvage…
Pour contenir les maladies émergentes, "nous devons maintenir une veille épidémiologique en Europe, en lien avec nos voisins (y compris le Nord de l'Afrique…). La recherche fondamentale et appliquée est également essentielle pour disposer d'une banque de données fiable. L'analyse du risque aussi est importante (avis Afssa…)". Gilles Lavollée conclut : "le sanitaire est une longue histoire qui ne finira jamais". D'où l'importance d'avoir des moyens et des outils mutualistes pour y faire face.
Agnès Cussonneau
Photo : Stéphan Zientara, directeur de l'Unité mixte de recherche Afssa/Inra/Enva.
Un plan d'action sanitaire fortifié
Dans la continuité de 2008, le plan d'action sanitaire (PAS) du GDS 35 va se renforcer dans les années à venir : une augmentation de 48% du budget par rapport à 2007 est prévue en 2010 (+ 63% en 2011). "L'objectif est d'apporter des aides plus importantes aux éleveurs et d'harmoniser vers le haut nos services, dans une cohérence régionale", note le président. Sur le PAS 2009 (1,67 million d'euros), les efforts financiers porteront en particulier sur la paratuberculose, le BVD, l'aide aux jeunes et les regroupements de troupeaux. Au 1er janvier 2010, la cotisation générique va passer à 2,40 euros/bovin IPG, la cotisation viande à 2,40 euros/bovin allaitant (4,80 en cotisation majorée facultative) et la cotisation lait à 0,949 euro/1000 L.