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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Maïs | Article n°9415 |
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Maïs / Une opération menée depuis 2005 au sein du Bassin versant de Vilaine amont - 150 parcelles désherbées mécaniquement
 

Sur les 150 parcelles de maïs concernées par notre opération depuis 2005, soit un peu plus de 500 ha, 25 % n'ont reçu aucun traitement chimique", relève Massumi Piel, coordinatrice au Syndicat de Bassin versant (BV) de Vilaine amont. Trois programmes distincts étaient possibles pour les parcelles engagées : du désherbage mécanique classique, à la houe rotative puis à la bineuse (31 parcelles), du désherbage alterné en mécanique puis chimique (90 parcelles), ou du désherbage alterné en chimique puis binage en substitution du dernier désherbant (12 parcelles). L'objectif étant de prolonger le plus possible le désherbage mécanique, mais en laissant la possibilité, à tout moment, à l'agriculteur de repasser en chimique en cas de décrochage de la parcelle. "Nous prenions cette décision ensemble", précise Mickaël Berthelot, technicien du Groupement d'agriculteurs biologiques d'Ille-et-Vilaine (Agrobio 35), et responsable technique de l'opération.
La partie financière était gérée par le BV, au travers d'une prise en charge du coût du matériel, quel que soit le nombre de passages d'outils mécaniques, dans la limite de 5 ha / exploitation (et contre une participation de 20 euros / ha de l'agriculteur). Des aides accessibles durant 2 ans uniquement.


Une préparation du sol à adapter


Parmi les éléments qu'aura permis de confirmer l'opération, l'importance de la préparation du sol au semis : "le sol doit être affiné, nivelé, non motteux, indique Mickaël Berthelot. Quant au semis, il faut qu'il soit régulier, en profondeur et entre rangs, sur un sol suffisamment réchauffé, ce qui implique de ne pas semer trop tôt. Nous conseillons une densité d'au moins 90 000 – 95 000 grains / ha, avec une bonne vigueur de variété afin de permettre au maïs de prendre le maximum d'avance dans sa course contre les adventices."


Outils mécaniques : jouer serré


Interviennent, ensuite, les outils mécaniques, houe rotative et bineuse, fournies dans l'opération par l'Inter Cuma de Haute Vilaine et l'ETA Guillon-Barbot. "L'objectif, c'est de créer un décalage, entre maïs et adventices, dès le premier passage d'outil, poursuit le technicien. D'où l'importance d'intervenir très tôt après semis." Durant l'opération, le premier passage, à la houe rotative, intervenait (sur le rang) 10 jours après semis en moyenne, dès le stade filaments. Avant que ne soit réalisé, dans l'idéal, un second passage. Cependant, le travail à la houe nécessite des conditions particulières, météo clémente et sol sec. "Si ces conditions soient réunies, le résultat est très intéressant", témoigne Pascal Blain, le président de l'Inter Cuma de Haute Vilaine. En moyenne, les chantiers se sont réalisés à 10 – 20 km / h.
Vitesse inférieure pour le passage de la bineuse : en moyenne 2 à 2,5 ha / h avec un bineuse en 6 rangs guidée, le choix de la faire intervenir, ou non, étant réalisé au stade 3 – 4 feuilles de maïs en fonction de l'état de propreté de la parcelle. Comme pour la houe, un temps et un sol secs sont requis. "La limite de passage, c'est le stade environ 10 feuilles, c'est-à-dire juste avant que le rang ne se referme", détaille Mickaël Berthelot.


Des contraintes, du coût


En moyenne, le coût du binage est estimé à 55 euros/ ha avec une bineuse 6 rangs, 80 avec une 4 rangs. "Le désherbage mécanique, c'est plus coûteux, ne cache pas Pascal Blain. Ce qu'il nous manque pour baisser les coûts, c'est davantage de surfaces à travailler." Cependant, la réussite du désherbage mécanique est très dépendante de la disponibilité rapide du matériel : pas question, donc, d'étendre à l'infini le nombre d'utilisateurs d'une même machine. "Il faudrait que la pratique soit financièrement accompagnée au-delà des deux ans que propose le Bassin versant", considère Jean-Yves Le Rétrif, installé à Montreuil-sous-Pérouse (35) et vice-président du BV concerné. Sur 70 agriculteurs enquêtés ayant expérimenté la pratique, 32% lui ont donné suite et 57% pensent le faire.

Anne-Laure Lussou


Photo : Présentation du matériel de désherbage (ici la houe rotative) devant une vingtaine d'agriculteurs non encore impliqués dans l'opération, vendredi 10 à la Cuma de Cornillé (35). (à droite Mickaël Berthelot, d'Agrobio 35).




La prairie et le labour, préférables mais non obligatoires

Durant les 4 années d'opération, sur l'ensemble des parcelles uniquement désherbées mécaniquement, 54 % d'entre elles avaient eu un précédent prairie et 62 % avaient été labourées au préalable. De quoi contrer l'idée selon laquelle la réussite du désherbage mécanique est conditionnée à 100% à la présence d'un précédent prairie et  à la pratique du labour. "Ces éléments sont préférables pour aller plus loin en mécanique", replacent les responsables de l'étude.



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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 23 Avril 2009
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