
Les activités d'abattage (248 000 t dont 103 000 t de canard à rôtir) demeurent relativement stables sur l'ensemble de l'année 2008 (+ 0,7 %), malgré une réduction de l'activité en novembre (-3,4 %) et en décembre (-5,1 %). L'activité des couvoirs montre une baisse sensible des éclosions depuis juillet 2008. La filière canard gras a pris des mesures de réduction en fin d'année par crainte d'entrer en surproduction de foie gras.
Un quart de la production en Bretagne
L'activité de canard à rôtir se concentre dans 4 régions principales. Les Pays de la Loire arrivent largement en tête avec 49,4 % des tonnages abattus devant la Bretagne (26,7%). Les exportations se stabilisent à 60 000 t/an. C'est une composante majeure de l'équilibre du marché intérieur. L'Allemagne absorbe 44 % des volumes devant le Royaume-Uni et le Danemark. Les importations (Hongrie et Bulgarie) plafonnent à 14 000 t.
Mesurée par bilan, la consommation s'est légèrement érodée (-0,4%). Les achats de filet de canard par les ménages reculent de 4,8 %. Pour le 4ème trimestre, les chiffres sont inquiétants faisant état d'un repli de 11,2 % pour la découpe, alors que les achats de canards entiers progressent de 6,7 %.
Une viande haut de gamme
Le filet de canard possède une clientèle bien identifiée au pouvoir d'achat important : 60 % des acheteurs ont plus de 50 ans. En revanche la pénétration du filet de canard dans les ménages jeunes (- de 35 ans) s'effrite. Les classes moyennes supérieures ont accru leurs achats de filets de canard en 2008 alors que les plus modestes les ont nettement ralentis.
L'évolution des prix de détail (+ 5,6 % en 2008) a également marqué le niveau de consommation. Avec un prix moyen de 14,27 euros/kg, le filet de canard se positionne parmi les viandes haut de gamme, d'autant plus que l'écart avec le magret tend à se creuser : 1,29 euro/kg en moins pour ce dernier.
Patrick Bégos
Photo : Le canard à rôtir, une viande rouge haut de gamme. Un quart de la production française est fait en Bretagne.
Une "déconsommation" des viandes
Le contexte économique est devenu défavorable à la consommation de produits carnés par les ménages. On assiste à un phénomène de "déconsommation", en rupture de tendance par rapport aux années passées. L'inflation, puis la crise, ont entraîné des modifications dans le comportement des acheteurs : une moindre fréquentation des magasins et un report sur les produits moins chers comme les marques distributeurs ou les produits les moins élaborés. Pour 2008 comparativement à 2007, l'indice de prix à la consommation des viandes a augmenté de 4,4 %. Les volailles enregistrent la plus forte hausse (+ 11%) puis le veau (5,6 %), le bœuf (+ 3,8%) et le porc (+ 2,6%).