
Heureusement, elle s'invite rarement au programme. Ainsi, dans les Côtes d'Armor, c'est environ une vingtaine de bovins qui a été concernée par la sarcosporidiose en 2008, une année dans la moyenne en la matière. "Nous constatons un peu plus de cas depuis quelques temps, mais cela n'est pas flagrant et concerne encore très peu d'animaux", relativise Yves Collet, du GDS 22. Une bonne nouvelle quand on sait que la découverte de la maladie ne peut s'opérer que très tardivement, après abattage. Ce sont, alors, de petits points blanchâtres à jaunes, sur la viande (voir photo), qui mettent la puce à l'oreille. Un examen au laboratoire est souvent nécessaire pour confirmer la présence de la maladie, qui entraîne, le plus souvent, la saisie totale de la carcasse. Une tuile pour l'éleveur, néanmoins compensée par des procédures d'indemnisation (dans les Côtes d'Armor 100 % de prise en charge en cas de saisie totale, sur présentation du certificat de saisie et de la facture).
Une propagation en boucle
La maladie, en elle-même, n'est pas nouvelle. Sa présence est due à un cycle faisant intervenir un "hôte intermédiaire" généralement mammifère, comme le bovin, et un "hôte définitif" généralement carnivore, comme le renard. Le carnivore s'infeste en mangeant des muscles parasités (kystes) d'hôte intermédiaire atteint, à la suite de quoi les parasites se multiplient dans son tube digestif et se retrouvent dans les excréments. Et, à son tour, l'hôte intermédiaire s'infeste en mangeant de l'herbe souillée par des excréments de carnivore atteint. Ainsi, davantage de cas auraient été relevés dans des zones de pâturage à proximité de bois, compte tenu de la présence de renards.
Une lutte illusoire
Sans surprise, les moyens de combattre la maladie sont très réduits. "Le seul moyen de lutte est utopique puisqu'il consiste à empêcher la contamination des herbages par les fécès de carnivores infestés", note le GDS. Quant à une éventuelle contamination de l'homme, "ce dernier peut s'infester de certaines sarcosporidies en mangeant des viandes crues ou insuffisamment cuites, auquel cas l'infection peut provoquer une sorte de coccidiose intestinale, mais les symptômes sont le plus souvent discrets".
Anne-Laure Lussou
Photo : Sur bovin vivant, généralement aucun symptôme de sarcosporidiose n'est visible. Elle ne se détecte qu'après abattage, à la vue de points blanchâtres à jaunes sur la viande.