Le G20 qui regroupe les ministres des finances et directeurs de banques centrales de 20 pays représentant 90% du produit brut mondial s’est réuni à Londres. Il a fait le « bilan de santé » de notre monde en pleine crise financière et économique. La question agricole ou plutôt alimentaire ne faisait pas partie des priorités, mis à part un engagement des États-Unis à doubler l’aide à la production dans les pays pauvres et une proposition de la France pour créer un fonds d’investissement pour aider l’Afrique à développer son agriculture. Quand la maison brûle, pas le temps de s’occuper du jardin... Le G8, lui est un forum économique qui réunit les huit pays les plus puissants du monde. Il doit se réunir la semaine prochaine en Italie. Dans un rapport préparatoire au Sommet, il place l’agriculture comme une des priorités. Car la crise alimentaire mondiale va revenir. Ce n’était pas un accident mais bien la résultante d’un déséquilibre entre une demande qui s’accroît et une production mondiale qui n’a plus de filet de sécurité. La sous-alimentation ne diminue pas : plus de 900 millions de personnes dans le monde en souffrent. La FAO estime que 30 milliards d’euros suffiraient pour relancer l’agriculture familiale des pays pauvres. L’argent est certes nécessaire, mais tous ceux qui ont déjà participé au développement des pays pauvres savent qu’ils ont d’abord besoin d’encadrement et de formation. Les pays riches qui ont encore une agriculture ont aussi un devoir de production pour nourrir leur propre population. Mais aussi pour participer au développement vers l’autonomie alimentaire des pays pauvres. Et bannir les investissements scandaleux de pays qui ont négligé leur agriculture et aujourd’hui investissent dans des millions d’hectares à Madagascar, au Soudan ou au Cameroun, comme au temps des colonies...