
Simple à utiliser, doté d'un bon rendement énergétique, le gaz est l'énergie la plus utilisée dans les poulaillers de volailles de chair. "La consommation se situe autour de 7 à 8 kg par m2/an, un peu plus durant l'hiver froid 2008-2009", explique Dylan Chevalier, coordinateur technique LDC. "En prenant une base de 8 kg/m2, l'éleveur peut comparer sa propre consommation. Les écarts sont souvent importants variant du simple au double autour de cette moyenne".
40 % des charges variables
Pour un poulailler de 1 000 m2, la charge annuelle de gaz se situe autour de 5 400 euros. C'est peu dans le prix de revient d'une volaille mais au niveau de l'éleveur, cela représente 40 % de ses charges variables. C'est un levier important pour améliorer son revenu.
Quels sont les facteurs expliquant les écarts de consommation ? "D'abord le type de ventilation", explique Dylan Chevalier. Un bâtiment dynamique, plus étanche, et au renouvellement d'air plus optimisé, consomme moins. "Le type de chauffage a également une incidence : les canons sont moins gourmands que les radiants régulables, eux-mêmes moins consommateurs que les radiants classiques". Le bon réglage des appareils et leur entretien permettent également de réduire la facture. Au niveau de la structure du bâtiment, l'isolation de la toiture (70 % des pertes) et l'étanchéité sont deux points essentiels.
Récupérer la chaleur qui sort
Les derniers travaux de la recherche portent sur les échangeurs de chaleur. "L'objectif est de récupérer l'énergie du bâtiment pour chauffer l'air extérieur entrant dans le poulailler. L'air neuf est ainsi réchauffé et asséché". Un système de caissons échangeurs de chaleur apporte un bon complément durant les premières semaines avec une économie de gaz importante.
Les essais réalisés dans un élevage de la Sarthe ont eu une incidence positive à trois niveaux : une baisse du taux d'hygrométrie de 10 points, d'où une meilleure litière et une meilleure ambiance, une baisse de la consommation de gaz de 27 % sur l'année et une augmentation de la marge PA (poussin-aliment) de 0,76 euro/m2/an, en dindes.
"Pour un investissement de 10 000 euros (deux échangeurs posés), l'économie de gaz et le gain de marge PA permettent un retour sur investissement en 3 ans, voire 2 ans, si l'éleveur bénéficie d'aides plan énergie", estime Dylan Chevalier. D'autres pistes ont été explorées, des échangeurs de chaleur plus simples, des chaudières à biomasse, des lampes nouvelle génération… Le groupement Cam s'est fixé un objectif d'économiser 20 % de gaz chez ses éleveurs d'ici 2010.
Patrick Bégos
Photo : Un prototype d'échangeur de chaleur testé en élevage.