Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Finistère (29)
Chambre d’agriculture / Dans le contexte de crise - L’inquiétude gagne la profession
 

Plébiscitée pour être un rempart face à la crise, l’agriculture départementale n’évolue pas pour autant dans un nid douillet. Marché du porc qui ne frémit toujours pas malgré la baisse de production, grandes incertitudes pour le prix du lait d’avril : deux grandes productions du Finistère sont frontalement touchées, a rappelé la Chambre d'agriculture, vendredi dernier à Quimper, lors de sa première session 2009. Une Chambre à la fois préoccupée à régler des problèmes urgents et à travailler sur les enjeux à long terme.


800 appels d’agriculteurs en difficulté


Comme l’a montré l’actualité récente, les difficultés financières touchent toutes les catégories d’exploitation. Alain Hindré, vice-président de la Chambre, avance le chiffre de « 800 appels d’agriculteurs par an recensés par SOS Amitié Finistère », association qu’il a lui-même présidée ces dernières années.
Face à « l’importance croissante du nombre d’agriculteurs s’interrogeant sur leur devenir ou prenant la décision de quitter le métier en cours de carrière », la Chambre a demandé de « réactiver la section agriculture en difficulté de la CDOA. Avec cet objectif d’aboutir à « une réelle coordination départementale sur le sujet et d’améliorer les moyens d’accompagnement nécessaires, notamment dans les situations sociales fragilisées ».
Nicole Morizur, membre, veut cependant avoir toutes les garanties « que les dossiers individuels seront traités avec une très forte confidentialité ». Et Pascal Mailhos, préfet, d’assurer que le secret professionnel sera de mise : « Si quelqu’un rompt la confidentialité, il sera exclu de la commission ».
Pour autant, la Confédération Paysanne, par la voix d’Yvon Pouliquen, parle « d’usine à gaz ». Et d’ajouter : « Vouloir imposer un guichet unique avec une nouvelle structure semble inutile ». Une façon de défendre le travail réalisé par Solidarité Paysans qui craint de se voir amputée d’une partie de ses attributions. Cette fois-ci la parole rassurante vient du Conseil général. Mickaël Quernez, président de la Commission économie et agriculture, souhaite que « les structures qui interviennent déjà sur ces dossiers puissent continuer à travailler et à repérer les difficultés, le plus possible en amont ». Autrement dit, les soutiens financiers du Département ne seront pas exclusifs.


L’effet balancier de la crise


Déployer les moyens en amont pour éviter que trop d’agriculteurs ne sombrent dans la difficulté, c’est aussi le sens des propos de Jacques Jaouen, président de la Chambre d'agriculture, quand il constate « à regret », que lorsque « l’économie mondiale cherche le chemin de la régulation, l’agriculture emprunte exactement le chemin inverse. Tout ceci, bien que notre ministre martèle que les marchés sont incapables de gouverner seuls l’agriculture ». Et de « saluer les réflexions des Jeunes agriculteurs et de la FDSEA qui, lors de leurs assemblées générales, ont exprimé au grand jour les défis fondamentaux pour lutter contre l’instabilité excessive des marchés, pour faire face à la grande distribution et aux acteurs de la transformation de plus en plus regroupés ».
Avec la crise, la majorité, qui dans un passé pas si lointain, parlait des marchés comme un outil parmi les plus adaptés pour fixer les prix, se réfugie aujourd’hui derrière les filières et la fixation des prix. Preuve que l’évolution d’un contexte économique fait aussi évoluer les esprits.

Didier Le Du


 


Photo : La première session de l’année a été largement consacrée aux agriculteurs en difficulté, comme l’a souhaité le président Jacques Jaouen.

 


Les autres dossiers


- Pac :
La réforme de la politique agricole française se traduirait par un solde déficitaire breton moins élevé que prévu : - 44 millions d’euros avant modulation contre - 160 millions préalablement calculés par la Chambre régionale. « On récupère 68 %. Si certains agriculteurs récupéreront la totalité des aides, les cultivateurs seront les plus pénalisés, notamment les producteurs de porc qui fabriquent leur aliment à la ferme », observe Marc Cozien, membre.
Au niveau de la prime à l’herbe, les économistes de la Crab ont calculé que la DPU devrait être d’environ 75 €/ha (543 425 ha de prairies en Bretagne).
- PMPOA 2
Une enquête menée auprès de 962 éleveurs laitiers n’ayant pas encore réalisé leur mise aux normes montre que 243 élevages pourraient être en situation problématique à la fin de l’année, même si 179 d’entre eux affirment que leur mise aux normes sera terminée d’ici à fin de l’année.
Le préfet confirme qu’il n’y aura pas de délai supplémentaire. Même si « une analyse au cas par cas est possible. J’invite les éleveurs qui risquent d’être coincés par la date butoir du 31 décembre de faire une demande d’étude de leur dossier dès aujourd’hui ».
- Zes
Six cantons du Finistère ont atteint leur objectif de résorption. « On ne peut regretter que la sortie d’un canton de la classification Zes ne puisse se faire que par une disparition de production », s’élève André Sergent, chargé du dossier environnement.
- Emploi
Le collège des salariés a soulevé les conséquences de la crise sur l’emploi. « Une grande détresse touche les salariés et notamment ceux qui ont des emplois précaires. Le Finistère perd 40 emplois par jour », a détaillé Jean-Luc Le Feillant, CFDT, avant de se montrer « inquiet sur l’avenir de grandes entreprises comme Doux et Unicopa ».
- ADPS
Les activités de l’association de promotion sociale (ADPS de Saint-Ségal) ont été transférées à la Chambre d'agriculture. À l’origine de cette décision : des difficultés financières. « Deux solutions s’imposaient : soit la fermeture du site, soit un redéploiement de la formation dans le cadre de la régionalisation », a expliqué J. Jaouen. Avec cette question de Joël Kerglonou, UDSEA : « Les stagiaires sont-ils prêts à faire 150-200 km pour se former ? ».



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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 16 Avril 2009
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